Madame la Directrice générale,
Mesdames et messieurs les membres de l’instance collégiale,
Chers collègues,
Au-delà même de l’actualité sanitaire, cette rentrée restera marquée par les catastrophes naturelles et climatiques.
L’émotion est très forte en France après le tremblement de terre au Maroc. C’est particulièrement vrai dans nos établissements, et parmi les collègues, tant sont nombreux ceux qui ont des parents ou amis sur place.
A sa modeste échelle, le CHFO s’efforce de faciliter la mobilisation et l’entraide.
Je ne ferai pas ici la sinistre revue des incendies, tempêtes, inondations. Il faut cependant s’arrêter sur le niveau de préparation de nos établissements.
Ce n’est qu’un des aspects du problème mais les épisodes caniculaires de cet été montrent en tous cas l’énorme effort d’investissement qui reste à faire pour préserver des conditions de soins et de travail soutenables face au changement climatique.
Le travail de terrain engagé par les conseillers en transition énergétique devrait aussi être l’opportunité d’avoir une vue globale et synthétique des défis à relever sur les plans technique, économique et bien sûr environnemental. Ils sont certainement passionnants et mobilisateurs, même s’ils s’ajoutent à tant d’autres.
Alors l’hôpital pourra-t-il faire face ?
La posture institutionnelle aujourd’hui consiste à rassurer, : pas une semaine sans entendre que tout est sous contrôle, qu’il y a même une « embellie » (analogie climatique audacieuse, on en conviendra). Dans leur exercice, les collègues sont aussi conduits à endosser ce discours pour ne pas « désespérer Billancourt » …
Alors le représentant syndical est-il astreint à jouer les « Cassandres » par principe ? Non, il doit simplement être le porte-voix de ce que des collègues loyaux lui murmurent au creux de l’oreille. De plus les signaux d’alerte sont nombreux et corroborés par de multiples instances et institutions.
La situation budgétaire et financière des établissements se dégrade en accéléré.
Pour beaucoup, on atteint le stade des impayés, qu’il s’agisse des charges ou des factures d’énergie, avec des menaces de coupure, qui se sont même concrétisées sur des locaux spécifiques ou des logements !
La FHF réclame une revalorisation de l’ONDAM 2023 ; dès le mois de juin le Comité d’alerte soulignait que l’ONDAM ne couvrait pas l’inflation des établissements, que la couverture des mesures salariales 2022 n’était pas démontrée et qu’a fortiori toute mesure 2023 devrait venir en sus.
Donc nous y sommes. Et bien entendu, avec la dégradation des résultats, il s’ensuit une remise en cause de nombreux projets d’investissement, au nom de la soutenabilité, et souvent avec des critères doctrinaux hors sol. Certains collègues en viennent à regretter le COPERMO !
Ces alertes seront-elles entendues ?
Le gouvernement vient d’inscrire à l’ordre du jour d’une session extraordinaire du Parlement un nouvel examen de la loi de programmation des finances publiques 2023-2027 ; déjà rejetée une première fois, elle annonçait une trajectoire de l’ONDAM parfaitement incompatible avec les objectifs fixés pour l’hôpital et pour notre système de santé tout entier.
Alors, pour l’hôpital, une clarification est nécessaire dès les prochaines semaines, et pour les cadres hospitaliers c’est la condition d’un exercice cohérent qui sorte des faux-semblants.