Auteur/autrice : PGUINARD@dm1n

Egalité professionnelle : ce qu’il faut retenir de la loi du 19 juillet 2023

Ce qu’il faut retenir en bref 

SUR LES NOMINATIONS EQUILIBREES

Ce qui change dès maintenant :

1/ l’obligation de nominations équilibrées (40% de chaque sexe) est étendue à l’ensemble des emplois supérieurs, c’est-à-dire toutes les chefferies DH et D3S, en plus des emplois de DG de CHU-CHR et des emplois fonctionnels qui étaient déjà concernés.

2/ l’obligation est également étendue aux chefferies de pôles et de services, un décret devant fixer le seuil en nombres de structures par établissement pour qu’il soit concerné.

Ce qui change au 1er janvier 2026 :

L’obligation de nominations équilibrées est portée à 50%.

Ce qui change au  1er janvier 2027 :

Il est instauré en plus une obligation de répartition équilibrée par sexe pour les emplois supérieurs et les responsables de structures internes pôles et services (seuil de 40%). L’obligation porte alors sur le « stock » d’emplois et plus seulement sur le flux des nouvelles nominations.

L’ensemble des nouvelles dispositions est assorti d’obligations de publications et de pénalités en cas de non respect.

SUR LES ECARTS DE REMUNERATIONS

La loi reprend les principe de l’index égalité professionnelle instauré depuis 2019 pour les entreprises de plus de 50 salariés.

A compter de septembre 2024, les employeurs publics devront publier les indicateurs relatifs aux écarts de rémunération (actuellement dans le code du travail : écarts de rémunération moyenne, écarts de répartitions des augmentations individuelles, écarts de promotion, augmentations en retour de congé maternité).

Là aussi sont prévus des pénalités et objectifs d’amélioration en fonction des résultats.

La position du CHFO

Une avancée dont il faut s’emparer

Si la publication d’indicateurs  peut paraître trop contemplative, il faut admettre cependant que mettre fin à l’invisibilité des écarts a au moins un impact incitatif. Il s’agira en particulier de donner un vrai contenu aux plans d’action égalité professionnelle qui sont aussi inscrits dans le Code général de la fonction publique.

Le CHFO a été proactif pour que le CNG inscrive l’élaboration d’un plan égalité professionnelle dans sa stratégie pluriannuelle RH. Il a obtenu l’engagement que soit réitérée une enquête rémunération. Le CHFO mesure en continu l’évolution du déséquilibre actuel des nominations aux différents stades : candidatures, sélection, recrutement.

Ce qu’il reste à faire

Beaucoup !

D’abord pour l’application de la loi :

Il reste à définir le seuil du nombre de pôles et de services pour délimiter les établissements concernés pour la partie médicale (avec le risque bien sûr d’un effet de seuil !).

Il reste à élaborer des indicateurs d’écarts de rémunération vraiment adaptés, car les critiques sont réelles et sérieuses sur l’actuel index égalité du secteur privé.

Ensuite pour les cadres de direction :

il n’existe pas aujourd’hui de véritable plan d’action égalité professionnelle ; le chantier est inscrit au programme de travail du Comité consultatif national, conformément à l’obligation dont le CHFO a obtenu l’inscription dans le décret sur le CCN. Il doit commencer le 11 octobre prochain et se conclure au plus tard en juin 2024.

Nous reviendrons à cette occasion sur la nécessité d’une enquête rémunération qui sera beaucoup plus lisible pour nos emplois que des indicateurs globaux au niveau des établissements. Mais il s’agira aussi d’agir sur les causes avec un travail de fond sur les conditions de la mobilité, sur l’équilibre vie perso/ vie pro dans les organisations de travail, sur le droit à la déconnexion, sur le télétravail, etc.

Pour aller plus loin

Vous pouvez consulter l’analyse détaillée des dispositions de la loi par le CHFO en cliquant sur le lien suivant :

LOI 2023-623 du 19 juillet 2023 accès des femmes aux responsabilités dans la fonction publique ANALYSE CHFO

Au fait, n’oubliez pas l’échéance

L’appel à candidatures pour le programme TALENTUEUSES 2023 court jusqu’au 14 septembre à 23H59.

Il est encore temps de finaliser votre dossier : talentueuses 2023

La sélection sera  effectuée fin octobre pour un démarrage de la formation en décembre.

Talentueuses s’adresse exclusivement à des femmes des trois fonctions publiques

  • qui n’occupent pas et n’ont jamais occupé un emploi fonctionnel de direction.
  • qui par leur parcours et leurs compétences, devraient pouvoir évoluer vers un tel poste dans les 6 à 18 prochains mois.
  • qui se sentent freinées dans cette évolution et souhaitent s’affranchir de leurs propres freins.

Information sur la GIPA 2023

Après … l’ajout de points sur les seuls pieds de grilles des catégories B et C (pour ne pas être en deçà du SMIC)… l’augmentation (quasi symbolique) de la valeur du point d’indice de 1,5 %… et la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat (tellement exceptionnelle que beaucoup n’en bénéficieront pas ou que partiellement)… le gouvernement reconduit cette année la Garantie Individuelle de Pouvoir d’Achat (G.I.P.A.).
Comme un aveu de l’insuffisance des mesurettes citées plus haut pour combler les pertes salariales subies par les agents publics avec une inflation actuelle record, un décret et un arrêté ont été publiés au Journal Officiel dimanche dernier pour maintenir une nouvelle fois la G.I.P.A. instaurée en 2008.
Au-delà de la preuve de faiblesse des décisions gouvernementales, et à l’instar de la création de la prime de « vie chère », FO ne peut se satisfaire d’une politique salariale à coup de primes ! Pour FO, la seule mesure juste et acceptable doit être l’augmentation de la valeur du point d’indice corrélée automatiquement à l’inflation réelle !

Concrètement, les éléments pris en compte pour le calcul de cette prime sont les suivants :
• Période de référence est fixée du 31 décembre 2018 au 31 décembre 2022 ;
• Taux de l’inflation durant la période : + 8,19 % ;
• Valeur moyenne du point annuel en 2018 : 56,2323 euros ;
• Valeur moyenne du point annuel en 2022 : 57,2164 euros.

Pour effectuer une simulation de votre éventuelle prime GIPA 2023, vous pouvez vous connecter sur le site service-public.fr :

Simulateur – Calculer la Garantie individuelle du pouvoir d’achat (Gipa) 2023 – Calcul – service-public.fr

DH : l’horizon brumeux de la hors classe

Tout d’abord le CHFO adresse ses félicitations aux 48 promus :

Consulter le tableau

Cette publication tardive résulte du fait que le taux de promotion pour l’année a été fixé seulement par un arrêté du 12 juin 2023 (JO du 22 juin).

Quelques données chiffrées

Pour 150 DH de classe normale remplissant les conditions pour être promus, le taux de promotion à 32% donnait donc 48 possibilités d’inscription au tableau d’avancement.

142 dossiers de directeurs, proposés par leur supérieur hiérarchique, ont été étudiés.

La répartition femmes / hommes.

Le CNG applique strictement l’article L132-10 du Code général de la fonction publique qui édicte que « L’avancement de grade tient compte de la situation respective des femmes et des hommes dans les corps, cadres d’emplois et grades concernés, dans le cadre des lignes directrices de gestion prévues au chapitre III du titre Ier du livre IV ».

En conséquence la LDG précise : « si le nombre de femmes au sein de la totalité des directeurs promouvables le permet (une fois la condition des changements d’affectation acquise), la proportion de femmes promues ne peut être inférieure à la proportion des femmes dans le grade de la classe normale ». La part des femmes en classe normale étant de 54%, l’application de la LDG répartit les promotions entre 26 femmes et 22 hommes.

Parmi les 142 dossiers étudiés on compte 81 hommes et 61 femmes (soit 42,4%).

Le niveau des propositions

Le CNG analyse dans un premier temps le niveau de la proposition faite par l’évaluateur (densité argumentation) . Il relève ainsi :

  • 32 propositions Excellent (19H/13F)
  • 83 propositions Très Bon (47H/36F)
  • 21 propositions Bon (12H/9F)
  • 6 propositions Neutre (3H/3F)

(il s’agit de la qualification de la proposition par le CNG qui ne correspond pas nécessairement au classement qui sera proposé, ce dernier prenant aussi en compte les 3 dernières évaluations).

Le nombre de propositions

La ligne directrice de gestion prévoit aussi la prise en compte de la régularité et de la répétition des propositions, qui constitue une indicateur de valeur professionnelle. Sur les 142 dossiers 2023, on relève :

  • 22 proposés pour la 3ème fois
  • 53 proposés pour la 2ème fois
  • 67 proposés pour la 1ère fois.

Sur les 48 promus on relève :

  • 15 proposés pour la 3ème fois
  • 25 proposés pour la 2ème fois
  • 8 proposés pour la 1ère fois.

Comparaison 2022-2023 :

On voit bien que malgré la hausse du nombre de places, la logique de report reste cumulative.

L’analyse du CHFO

Etablir un classement de 142 « dossiers » proposés par plus de 100 évaluateurs différents reste un défi, qui peut confiner à l’absurde quand il s’agit de départager des collègues pour rester au nombre près dans le quota.

L’utilisation des critères de la LDG

La méthode reste très fragile car s’appuie principalement sur l’interprétation de la rédaction de la proposition et des évaluations.

Pour 2023, le facteur répétition et régularité des propositions a été pris en compte, contrairement à 2022. C’était inéluctable compte tenu de la file d’attente générée par le taux de promotion.

La prise en compte du contexte d’exercice ou du niveau de responsabilité reste insuffisant et plutôt limité à départager des collègues dont les évaluations sont considérées équivalentes.

L’objectif d’égalité professionnelle.

Les respect de l’objectif inscrit au Code de la fonction publique n’est pas discutable. Il vise en particulier à contrecarrer un risque de disparité genrée des rémunérations dans la durée. La plus faible proportion de femmes promouvables confirme la persistance de parcours différents en termes de mobilité en début de carrière, ce qui retarde l’atteinte des conditions de promotions pour les femmes.

Les risques pour l’avenir

Les risques sur l’évaluation

La liaison qui est faite entre la promotion et les évaluations antérieures paraît logique, mais on voit bien qu’une analyse trop lexicale peut conduire à une sorte d’entropie par l’emphase (le CHFO avait suggéré la distribution d’un dictionnaire des superlatifs). A l’inverse, la moindre observation ou invitation à s’améliorer sur un point peut être vue comme une réserve. En clair tout cela peut conduire à ne plus décrire la réalité dans l’évaluation…

Une réforme qui n’est pas sans risque

La transposition de la réforme de la haute fonction publique laisse présager la disparition du taux de promotion, puisque cela a été le cas dans le nouveau statut des administrateurs de l’Etat.

Cependant l’administration indique qu’il est toujours mis en œuvre un contingentement qui conduit à promouvoir un quart d’une promotion par an…

La réforme devrait également renvoyer les conditions de mobilité à une ligne directrice de gestion au lieu d’être inscrites en détail dans le statut.

Enfin la condition d’ancienneté deviendrait unique (6 ans dans le corps, sachant que les 6 premiers échelons ont une durée d’un an).

Par ailleurs, il n’est pas acquis que le tableau d’avancement 2024 s’élabore dans le cadre du statut révisé.

Les revendications du CHFO

Si la raison finit par l’emporter sur l’absurdité du taux de promotion, ce n’est pas pour accepter qu’il revienne en douce par la fenêtre.

Quand les collègues entendent la volonté des pouvoirs publics d’une reconnaissance spécifique du mérite, ils comprennent qu’il s’agit de freiner les rémunérations, alors qu’on nous a vendu il y a quelques années la carrière linéaire. Officiellement, c’était le régime indemnitaire qui devait traduire le mérite.

La carrière ne conduit pas nécessairement à des promotions simultanées puisqu’elles sont soumises à conditions. Retirer ces conditions du statut ne doit pas nous endormir : si elles deviennent instables, voire officieuses, ce serait pire.

De plus nous devons sortir d’une situation où la question du report sans fin de promotion n’est pas traitée par le CNG. Nous parlons bien de collègues régulièrement proposés qui seraient indéfiniment maintenus en classe normale (7 collègues seraient proposés une 4ème fois en 2024, si toutefois leur évaluateur ne se lasse pas…).

C’est pourquoi, dès le 21 juillet le CHFO a demandé :

L’ouverture dès cet automne du chantier de révision de la LDG, en distinguant les modifications pouvant être apportées à statut constant et celles résultant des principes posés par la réforme de la haute fonction publique.

Le renforcement de la prise en compte de critères objectifs plutôt que rédactionnels

L’élaboration d’un support spécifique de proposition de promotion, comme cela a été fait pour la classe exceptionnelle, afin de mieux sensibiliser les évaluateurs et pour mieux détacher la promotion d’une seule évaluation annuelle.

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Lancement campagne d’évaluation 2023 pour les DH D3S et DS

Ce qu’il faut retenir en substance des principales évolutions pour cette campagne :

Le calendrier

La date limite de remontée au CNG des supports d’évaluation est fixée au 30 novembre 2023. Consulter l’instruction 2023.

Pour les propositions d’avancement à la classe exceptionnelle , une instruction spécifique est mise en ligne pour les DS, elle est à paraître pour les DH. nous vous tiendrons informés.

Les supports d’évaluation

Les modèles de support d’évaluation (DH-D3S et DS), validés en Comité consultatif national le 22 juin 2021, sont mis à disposition.

Rappel des évolutions actées en 2021 :

  • Les Fiches annexes 1 & 2 de préparation de l’entretien d’évaluation sont supprimées. Le bilan des objectifs de l’année est à préparer directement dans la fiche B1 page 4. Les objectifs de N+1 sont à proposer à la page 8.
  • Page 2 : Les éléments de description du poste et de la position dans l’organigramme ont été précisés . Veillez à ce qu’ils soient bien renseignés ; c’est important à titre individuel pour la reconnaissance des responsabilités exercées ; c’est également important au plan collectif pour une bonne cartographie des emplois.
  • Page 5 : la liste des compétences à apprécier a été actualisée ; le CHFO a porté la demande de les élargir sur la dimension territoriale et le service de l’intérêt général. Cependant nous avions fait une demande de simplification du support qui n’a pas été suivie.
  • Page 9 : il est désormais demandé d’indiquer les formations suivies avant les vœux de formation N+1. Il est également proposé de signaler les domaines d’expertise.

Bon à savoir :

Le CNG a programmé un nouveau travail de révision des supports d’évaluation pour 2024, il est en lien avec le chantier de numérisation du dossier des directeurs dans l’application SAGA.

VIGILANCE POUR LA PROMOTION A LA HORS CLASSE

Pour 2023, le CNG n’a pas demandé un délai rapproché pour l’envoi des propositions de promotion à la hors classe pour les directeurs de classe normale (DH D3S DS) : au plus tard le 28 octobre 2022. Ceci afin de permettre l’analyse préalable des dossiers pour préparer les tableaux d’avancement.

Toutefois, le CHFO attire l’attention des évaluateurs, chefs d’établissement et ARS, et des évalués promouvables.

Afin de permettre l’analyse préalable des dossiers pour préparer les tableaux d’avancement, le CHFO invite donc à réaliser en priorité les évaluations des directeurs promouvables !


Nous vous invitons à consulter le dossier PFR et Evaluation du CHFO.

Le CHFO est à votre écoute pour toute question sur l’évaluation, sur la PFR et sur les tableaux d’avancement.

N’hésitez pas à nous solliciter :

    01 47 07 22 34 (permanence)

Factchecking #3 : gouvernance à l’hôpital

Corbeil-Essonnes le 6 janvier 2023 :

« En ce qui concerne la direction même de nos hôpitaux, et je remercie ici vraiment tout le travail qui a été fait et le travail remarquable qui a été fait à la fois par le directeur d’équipe administrative et l’équipe médicale. Je pense qu’on a tous vécu pendant le Covid une chose qui a levé les barrières et c’est pour ça que je disais : Moi, je ne crois pas du tout à l’opposition. Très longtemps, on a dit : Ça ne doit pas être les soignants qui dirigent l’hôpital, ça doit être les administratifs. Après, on a dit les problèmes, c’est les administratifs qui les dirigent. Cela fonctionne quand c’est ensemble. Moi, je souhaite, et on a plusieurs textes de loi portés par nos parlementaires qui permettront d’aller dans ce sens, que le ministre mène une concertation qui nous permettra de préciser les modalités organisationnelles mais qu’on puisse mettre à la tête de nos hôpitaux un tandem administratif et médical. Un vrai tandem qui, sur la base d’un projet qui est soumis, en redonnant toute une place aussi au conseil d’administration de notre hôpital, puisse bâtir un projet, que le meilleur projet soit choisi, et que ce soit un tandem qui soit mis en place. Je pense que c’est une bonne chose pour que tout le monde travaille bien ensemble, main dans la main. »

Où en est-on ?

La Commission des affaires sociales du Sénat a auditionné le 6 juillet 2023 le ministre de la Santé pour faire le point sur l’état d’avancement de cette réforme, à propos de laquelle la Commission des Affaires Sociales s’était déjà plusieurs fois interrogée sur l’opportunité, alors que la loi du 26 avril 2021 n’avait toujours pas ses textes d’application.

La mission confiée au Professeur Claris et à Mme Baille, constitue, selon le ministre, le rapport II, qui vient en quelque sorte, faire le bilan du rapport précédent. L’objectif est d’entrer dans une « logique de réponse aux besoins de santé de la population » mais le ministre est conscient que le « vivier nécessaire » des médecins n’est pas suffisant, ce qui impose une « logique progressive ». Et effectivement, Le ministre souligne lors de son audition qu’il s’agit toujours d’une « priorité » , mais qu’il faut compter avec le temps et annonce « un délai de 5 ans ». Monsieur Braun a insisté sur le recours à des médecins expérimentés, qui devront être formés, toujours dans une logique de territoire.

Il annonce ainsi la mise en place d’un « contrat de gouvernance », avant la fin de l’année entre le président de la CME et le directeur répartissant les responsabilités. Ce contrat sera soumis au conseil de surveillance tous les ans pour évaluation.

Quid novi sub sole ?

En effet, rappelons nous de la circulaire N° DGOS/CABINET/2021/182 du 6 août 2021 relative à la mise en œuvre du pilier 3 du Ségur de la santé, des recommandations et bonnes pratiques sur la gouvernance et la simplification hospitalière à la suite de la mission menée par le Pr Olivier CLARIS annonçait que : « Le binôme directeur – président de la CME est la clef de voûte de la gouvernance hospitalière. Cette responsabilité managériale qui lui incombe, l’oblige à créer les conditions d’une collaboration fluide et efficace au service de l’institution. Chacun des deux acteurs, en ayant accepté sa part de responsabilités, s’engage implicitement à respecter cette collaboration, et particulièrement le cadre de fonctionnement défini avec la charte de gouvernance. »

Comme nous en avons maintenant l’habitude, les pouvoirs publics sans résoudre quoi que ce soit au sujet de la gouvernance, viennent complexifier nos fonctionnements et obscurcir nos perspectives :

  • L’évaluation par le Conseil de Surveillance, si elle est négative, aboutira à quoi ? La remise en cause du Directeur ou du Président de CME ? Qui partira ? Qui restera ?
  • Que deviendront les chartes de gouvernance du rapport Claris I ?
  • Où est la valeur ajoutée du rapport Claris II ? Surement lexical, puisque l’on est passé d’une « charte de gouvernance » à  un « contrat de gouvernance. »
  • Etc.

Ensuite, quel formidable aveu d’impuissance lorsque Mme Baille souligne lors de son audition que « l’on recense 800 centres hospitaliers et 1 200 si l’on intègre les centres de proximité. Or il n’y a pas 1 200 praticiens ou médecins mobilisables sur des fonctions de direction ».

L’écart entre ce qui a été annoncé par le Président de la République et le résultat esquissé est tellement important que l’on peut dire que le narratif présidentiel n’est ni programmatique ni performatif, mais relève simplement de l’illusion rhétorique.

DH : résultats du mouvement 2023-3 emplois fonctionnels et chefs

La publication comportait 6 emplois de groupe III .

L’instance collégiale s’est réunie le 15 juin 2023 pour arrêter les listes de candidats présélectionnés.

Le CNG a publié les 18 et 24 juillet la liste des candidats retenus pour les 6 postes dont 1 femme et 5 hommes :

Résultats Mouvement 2023-3 Emplois fonctionnels et chefs d’établissement DH

Prochaines échéances :

Le résultat du mouvement 2023-4 (postes publiés en mai) est attendu pour le 15 septembre.

Les candidatures aux emplois fonctionnels et de chefs d’établissements publiés en juillet sont examinées le 14 septembre, en instance collégiale.

Le CHFO est à votre écoute pour vos projets de mobilité : 

    01 47 07 22 34 (permanence)

Instance collégiale DH du 13 juillet 2023 : le CHFO vous informe

Lors de cette séance, les membres de l’instance devaient examiner les candidatures pour les emplois publiés les 16 et 23 mai :

1 emploi de fonctionnel de groupe I

  • Directeur Grand Hôpital de l’Est Francilien et CH de Jouarre (Seine et Marne)

7 emplois fonctionnels de groupe II

  • Directeur du Centre hospitalier Jacques Cœur Bourges(Cher)
  • Directeur du CH Valence, Crest, Die, Tournon, Cheylard et EHPAD Satillieu (Drôme)
  • Adjoint au directeur du CHU de Toulouse et CH Lavaur (Haute-Garonne)
  • Directeur du CH de Bigorre, CH de Lourdes et CH d’Astugue (Hautes-Pyrénées)
  • Directeur du GH Sud Ile de France & E.P. gérontologique Tournan en Brie (Seine et Marne)
  • Directeur du CH d’Auxerre, d’Avallon, de Tonnerre et de Clamecy (Yonne)
  • Adjoint au Directeur du GHU APHP Univ. Paris Saclay

5 emplois fonctionnels de Groupe III

  • Directeur du CH Montperrin à Aix-en-Provence et IME Le Colombier (Bouches-du-Rhône)
  • Directeur du Centre hospitalier spécialisé « Gérard Marchant » (Haute-Garonne)
  • Directeur CH Puy-en-Velay, CH Craponne-sur-Arzon et 3 EHPAD (Haute-Loire)
  • Directeur du CH « Hôpitaux du Massif des Vosges » à St-Dié (Vosges)
  • Directeur du CH de Sens, CH de Joigny et CH de Villeneuve-sur-Yonne (Yonne)

2 emplois non fonctionnels

  • Directeur du Centre hospitalier d’Hazebrouck (Nord)
  • Directeur du CH d’Hirson, CH de Vervins et CH de Le Nouvion en Thiérache (Aisne)

Au total, 80 personnes se sont portées candidates sur les 15 emplois, dont 22 femmes et 58 hommes.

L’instance collégiale a adopté les listes courtes pour les 15 emplois  ; elles comptent de 1 à 8 candidats.

Les candidatures aux emplois publiés le 6 juillet 2023 seront examinées lors de l’instance collégiale du 14 septembre.

Vous trouverez ci-après la déclaration des représentants du CHFO, et une synthèse des débats.

Déclaration liminaire du CHFO

Madame la Directrice générale,
Mesdames et messieurs les membres de l’instance collégiale,
Chers collègues,

C’est la première fois que je participe à cette instance, désigné par le CHFO en remplacement de Didier HOELTGEN.

Mon souhait premier est celui de la continuité de l’action qu’il a menée et que j’entends poursuivre avec Richard DALMASSO :

  • Continuité dans l’attention portée aux projets de carrière de nos collègues,
  • Continuité dans la volonté de contribuer aux meilleures décisions de sélection des candidats aux emplois supérieurs,
  • Continuité dans la demande d’une information claire et transparente sur les décisions prises, c’est la condition nécessaire pour apporter le meilleur conseil aux collègues,
  • Continuité dans la vigilance pour le respect de nos règles communes à toutes les étapes de la procédure de recrutement, et pas uniquement dans le cadre de cette instance.

Ce qui se passe avant, après ou à côté est encore l’objet de trop d’interrogations. Didier HOELTGEN l’a déjà exprimé en demandant que la Ligne directrice de gestion englobe tout le processus et soit opposable à tous.

Je saisis aussi cette occasion pour souligner notre obligation collective d’attention et de bienveillance. Les responsabilités auxquelles postulent les collègues sont certes nobles et valorisantes, mais elles sont tout sauf une sinécure.

Alors il s’agit de préserver l’envie d’y aller, et les constats du CHFO font plutôt penser qu’elle est en recul. Le nombre de candidatures en atteste si on regarde l’évolution sur 10 ans. Aussi, pour notre syndicat, il est à craindre que la mode des viviers soit une nouvelle illustration du règne de l’antiphrase : plus on en parle, moins on le pratique. D’ailleurs, a-t-on vraiment réfléchi au concept derrière le vocable. L’idée d’être un poisson d’élevage dans un bassin clos n’est sans doute pas la plus enthousiasmante ?

Pour l’heure, le CHFO considère qu’il faut déjà prendre soin des candidats, retenus ou éconduits. Il ne s’agit pas d’une incantation moralisatrice, il s’agit d’être pragmatique et efficace, et d’incarner la bienveillance au cœur de notre service public.

Pour terminer, je crois qu’il est nécessaire de nous souhaiter collectivement bon courage pour cet été. Les collègues qui ont lu le week-end dernier les propos de notre ministre déclarant que « les difficultés sont moindres que l’an dernier » ont dû se frotter les yeux. Espérons que le ministre n’y croit pas vraiment et qu’il s’agit de ne pas affoler la population, car si c’est la fiction que lui font remonter les ARS, il est à craindre que les hospitaliers se retrouvent bien seuls, comme trop souvent.

Je vous remercie de votre attention,

Philippe GUINARD

Synthèse de la séance

Les représentants des directeurs comme les membres délibérants de l’instance collégiale ont souligné la difficulté à élaborer des listes courtes alors que le tour précédent n’est pas encore bouclé. En effet, pour cette séance, les décisions de choix pour les postes publiés en avril 2023 n’étaient pas finalisées. Nous avons demandé que les calendriers soient adaptés en conséquence.

C’est d’autant plus nécessaire que le CNG a affiché son intention de s’en tenir à de vraies listes courtes, ce qui pourrait faire perdre des possibilités quand un candidat inscrit est in fine retenu sur le tour précédent.

Les travaux de l’instance ont également fait largement écho à l’actualité législative avec l’adoption  de la proposition de loi visant à renforcer l’accès des femmes aux responsabilités dans la fonction publique. Celle-ci renforce les cibles de nominations équilibrées. A ce titre, le CNG a déjà exposé l’état de la situation dans les emplois supérieurs de la FPH, qui est encore loin de ces cibles et qui de plus s’est dégradée sur certains emplois (exemple des CHU). Il a été annoncé un nouveau plan d’actions qui sera discuté dans un groupe de travail déjà programmé sur le thème de l’égalité professionnelle. D’ores et déjà il a été indiqué que pour les shortlistes, il sera désormais proposé de ne pas inscrire les candidats masculins sur plusieurs postes simultanés.

Nous rappelons à cette occasion que le CNG demande aux candidats de classer leurs candidatures ; si les priorités ne sont pas toujours retenues, cela peut cependant « aider à la décision ».

Il nous a aussi été annoncé que l’appel à candidature pour le programme d’accompagnement « Talentueuses » serait lancé la semaine prochaine.

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Promotion à la hors classe : jusqu’à la lie

32% !

C’est la proportion des Directeurs d’hôpital de classe normale qui pourra être promue au deuxième grade au titre de 2023. L’arrêté

Ce taux instauré en 2021 à 40%, est passé à 30% en 2022 et donc à 32% pour 2023.

Le 17 janvier dernier, les représentants des 2 ministres de la Santé et de la Fonction publique annonçaient un geste significatif pour le tableau d’avancement 2023. En effet, il faut savoir que ce mécanisme, imposé aux DH par mimétisme avec le corps des administrateurs civils, disparaît dans le nouveau statut des administrateurs de l’Etat. Il est donc promis au même sort pour les DH.

Les mois passant n’annonçaient rien de bon et la confirmation arrive donc ce jour. Le geste significatif ressemble fort à un bras d’…

Les intentions politiques favorables à l’égard des directeurs sont pourtant assez rares, et l’on voit que même dans ce cas, se confirme la réalité des rapports de pouvoir au sein même du gouvernement et des administrations. Une bureaucratie qui n’est jamais en contact avec nous décide en dépit des annonces. Pourtant, chacun sait aujourd’hui que la soi-disant convergence était en trompe l’œil, puisque les conditions de calcul et d’application du taux de promotion ne sont pas les mêmes pour les deux corps.

En pratique ?

Avec la publication du taux de promotion, le Centre national de gestion va  pouvoir calculer le nombre de promotions possibles, en regard des DH promouvables. Le CHFO vous informera pour évaluer si la file d’attente constituée en 2021 et 2022 se dégrade ou non.

L’élaboration du tableau d’avancement devient urgente à plus d’un titre car le retard lèse des collègues qui peuvent avoir un projet de mobilité, et parce que dans l’attente l’organisation du tour extérieur est bloqué. L’inscription au tableau prendra effet début 2023, sauf pour les collègues qui remplissent les conditions d’échelon ou d’ancienneté en cours d’année.

Le CHFO va agir à nouveau pour que les conditions de mise en oeuvre soient équitables et le moins défavorables possibles.

Et après ?

Dans le cadre de la transposition de la réforme de la haute fonction publique, il n’est plus prévu de taux de promotion à compter du tableau d’avancement 2024. Les autres conditions statutaires de promotion seront simplifiées : six années de services effectifs dans le corps ou dans un corps ou cadre d’emplois de niveau comparable, et une condition de mobilité qui sera définie dans les lignes directrices de gestion. Le dossier n’est donc pas clos, l’enfer pouvant résider dans les détails…l’expérience nous le démontre !

13 juin 2023 : Miracle au CNG

La candidatureDans son intervention liminaire, le CHFO a demandé pour  la nième fois que les mobilités des directeurs soient diffusées. Il a souligné que l’opacité actuelle constitue une entrave aux projets de mobilité des collègues, d’autant plus scandaleuse que dans le même temps des prestataires privés proposent de vendre ces informations. 

Les représentants des autres organisations syndicales ont renchéri. Depuis un an, on nous objecte tantôt la charge de travail, tantôt les problèmes du site internet du CNG.

Le CHFO a clairement menacé de dénoncer cette défaillance aux pouvoirs publics. La proposition de faire cette diffusion tous les 6 mois a été rejetée, car un tel délai rend l’information inutile. La demande unanime est que les résultats de chaque tour de publication des adjoints et directeurs des soins soient publiés dès la clôture, comme pour les chefferies.

Quelques minutes plus tard, en cours de séance il nous est annoncé que tous les mouvements de directeurs adjoints de 2022 sont en ligne et que ceux de 2023 le seront dans la semaine. Ainsi comme la Mer Rouge s’ouvrant pour le passage du peuple de Moïse, le site CNG s’est ouvert à l’information. Espérons que les mouvements 2023 seront assez rapides pour ne pas être engloutis comme les troupes du pharaon…

La page d’information du CNG sur les mobilités

Les principaux points débattus lors de la séance

Programme de travail du Comité consultatif national (avis)

Le CHFO avait demandé avec insistance le respect du décret relatif au CCN qui prévoit que celui-ci adopte un programme de travail annuel.

En réponse, le CNG a proposé un « plan de charge » qui court jusqu’à juin 2024. Il comprend 11 chantiers thématiques appuyés chacun par des groupes de travail : 

  • mise en place du Conseil médical national des directeur (cible janvier 2024)
  • cartographie des emplois DH et D3S (après celle des DS)
  • révision du dispositif de recherche d’affectation
  • révision des épreuves des concours
  • protection fonctionnelle des directeurs
  • gestion des compétences et référentiels métiers
  • révision du dispositif d’évaluation
  • accompagnement des directeurs et viviers
  • égalité professionnelle femme/homme
  • dispositif de signalement
  • plan de formation continue

Le plan de charge comprend en outre des concertations sur la mise en œuvre du système d’information des directeurs (SAGA).

Le CHFO a exprimé sa satisfaction de pouvoir ainsi construire des réponses aux priorités qu’il a soulignées dans sa plateforme pour les élections 2022, et rappelées dans sa déclaration liminaire. Le CHFO demande en complément que soit élaborée une Ligne directrice sur les détachements, comme cela prévaut dans d’autres versants de la fonction publique. Il demande aussi une Ligne directrice sur la protection fonctionnelle, comme préconisé par le Conseil d’Etat, même si le représentant de la DGOS a annoncé une prochaine instruction sur ce sujet.

Sous réserve de ces ajustements, la délégation du CHFO a émis un avis favorable au programme de travail.

Schéma de développement RH des directeurs (information)

Il s’agissait d’un point d’information en complément du précédent, pour présenter les déclinaisons du Contrat d’objectifs et de progrès du CNG.

S’agissant du système d’information, il a été indiqué que la production des arrêtés ainsi que le dispositif de candidatures seraient déployés sur SAGA cette année, puis en 2024 l’évaluation en ligne et l’accès au dossier individuel en ligne avec les contenus.

S’agissant des entretiens carrières, le projet débattu en 2022 est reporté à 2024, le CNG faisant le choix d’une « professionnalisation » avec des recrutements nécessaires.

Validation du référentiel des métiers et des compétences (avis)

Le CNG a présenté le résultat d’un travail initié fin 2021 en collaboration avec l’EHESP. Il a associé les membres du CCN, des professionnels volontaires. Des échanges ont eu lieu avec la DGOS pour assurer la cohérence avec le référentiel général FPH. Au total, 22 fiches « métiers » sont produites pour les 3 corps de direction. 150 compétences ont été identifiées, dont 57 savoir-faire, 28 savoir-être, 65 connaissances. 

Le référentiel a vocation à faciliter l’élaboration des fiches de postes, le recueil des expertises acquises, etc.

Le CCN a émis un avis favorable, les membres ayant cependant un délai de 2 semaines pour signaler d’éventuelles retouches utiles.

RETEX élections professionnelles de 2022

Le CNG a présenté son analyse du processus avec 9 recommandations d’amélioration. Le CHFO a proposé une amélioration supplémentaire en demandant l’adoption d’un protocole électoral en début de processus. Le principe a été accepté.

Révision de la Ligne directrice de gestion sur l’accès aux emplois de chefs D3S.

Une version révisée du tableau des critères de sélection a été adoptée. Le CHFO adressera une communication spécifique sur ce point.

La déclaration liminaire du CHFO

Ce mois de juin, la DREES publie une synthèse de l’Enquête « épidémiologie et conditions de vie » focalisée sur les professionnels hospitaliers ; le titre est :

« À l’hôpital, une prévalence accrue de la dépression et de l’anxiété liée aux conditions de travail »

Une telle analyse, qui porte sur des données 2021 fait cruellement écho au printemps difficile dont nous sortons, alors qu’agressions ou suicides ont trop fait la Une. Nous devons travailler à l’attractivité de nos métiers, mais pour cela il faut être lucides, les hospitaliers font figure de cordonniers mal chaussés, au lieu d’être exemplaires.

Santé globale ?

Les cadres hospitaliers, et les corps de direction, avec leurs exercices spécifiques, ne sont pas épargnés. Nous avons les uns et les autres enquêté, questionné, et une conclusion s’impose, la charge mentale s’est alourdie. Nous pouvons travailler pour mieux armer les collègues, mais il y a aussi une responsabilité systémique, que nous refusons de prendre comme une fatalité. Qu’il s’agisse du volume d’emplois, de la pression de l’instant, des injonctions contradictoires, des comportements managériaux archaïques, il y a de nombreux champs où il faut corriger le tir.

Il est heureux que le comité médical national des directeurs pointe à l’horizon, mais c’est une dispositif qui intervient en bout de chaîne, et la formation spécialisée du CCN doit sans tarder s’emparer du sujet dans une dimension beaucoup plus globale.

Depuis l’installation du nouveau Comité consultatif national en janvier, le CHFO se fonde sur la plateforme qu’il a soumise aux suffrages pour souligner ses priorités.

Nous l’avons résumée en 8 priorités qui relèvent de la compétence du CCN, c’est-à-dire hors des questions strictement statutaires.

Le détail est à la disposition de tous.

1/ Engager résolument le redressement démographique des 3 corps de direction.

2/Restaurer l’attractivité en compensant les contraintes

3/Promouvoir l’égalité professionnelle Femmes/Hommes

4/Accompagner la carrière par la formation et le conseil

5/Accompagner la carrière par la promotion

6/Assurer la protection des directeurs

7/Accompagner les situations individuelles

8/Accompagner la carrière par la mobilité

Enfin un programme à la mi-juin

Au mois de mars, nous avons insisté sur le besoin urgent d’arrêter un programme de travail conformément aux règles qui régissent le CCN.

Nous arrivons à la mi-juin et le plan de charge qui nous est communiqué va pouvoir servir de base à ce programme annuel de travail, ou plutôt semestriel pour ce qui concerne 2023.

Il faut faire crédit à ce plan de charge de recouper la grande majorité de nos thèmes prioritaires.

Le débat aura donc servi : en particulier, le travail sur la cartographie des emplois est réintroduit, nous y insistons car, sans compter la nécessité d’évaluer les besoins, il y a un lien nécessaire avec la perspective de classement des emplois en niveau qui est induit par la réforme de la haute fonction publique.

5 groupes de travail sont annoncés d’ici le CCN du mois de décembre, sans compter les travaux sur le système d’information SAGA ;  le CHFO est prêt et viendra avec ses propositions.

Nous soulignons un aspect ; il y a encore trop de sujets qui sont annoncés au CCN « pour information » ; bien sûr nous ne rechignons pas à être informés, mais chaque fois que ce sera utile le CHFO demandera que l’avis du CCN soit sollicité. Nous l’avons dit, avec la réduction des compétences des autres instances, il n’est plus question de faire du CCN le salon où l’on cause.

Un point doit être reconnu : la pratique d’élaboration et de négociation a été relancée lorsqu’il a fallu adopter la base des lignes directrices de gestion. Mais le travail n’est pas terminé.

Le CHFO demande que sur la protection fonctionnelle, une Ligne directrice de gestion soit adoptée, c’était la préconisation du Conseil d’Etat dès 2018, et cela permettra peut-être de répondre aux interrogations en suspens sur la responsabilité des gestionnaires publics, et s’il faut cela peut conduire à des propositions d’évolution réglementaire.

Il en va de même sur le détachement entrant et sortant, qu’il s’agisse des détachements sur emplois ou des mobilités inter-versants. De telles LDG existent dans d’autres versants de la fonction publique, et là aussi il faut sortir du flou qui persiste sur certaines situations. C’était un engagement de la Direction du CNG.

Quand le CHFO dit que nous ne rechignons pas à être informés, c’est pour ajouter que nous rechignons à ne pas l’être. Un sujet ne supporte plus d’être un marronnier de nos demandes et vire au scandale : les dernières mobilités de D3S adjoints communiquées remontent à Décembre, Pour les DH adjoints et les DS c’est pire nous sommes arrêtés à avril 2022.

Cela constitue clairement une entrave aux projets de mobilité des collègues, ces informations doivent être communiquées en temps réel, il n’est pas normal que les collègues soient privés d’opportunité faute d’information, il n’est pas normal qu’en parallèle, des prestataires privés cherchent à vendre ces informations. Sur ce point, c’est le dernier rappel cordial du CHFO, et il faudra bien faire une large publicité à cette défaillance.

Sur la question de l’égalité professionnelle, une concertation nous est annoncée en octobre.

Actuellement, une proposition de loi est en examen en première lecture à l’Assemblée nationale, avec en perspective le renforcement des obligations sur les nominations équilibrées, et en outre la transposition de l’index égalité. Si le CHFO avait fait cette proposition en 2022, c’est aussi avec l’idée d’améliorer l’index créé pour le secteur privé ; la proposition présente à ce stade un défaut de conception et nous avons alerté les parlementaires sur le fait que pour les cadres dirigeants l’index doit absolument être appliqué au niveau du CNG autorité de nomination.

En résumé, si les propositions qui sont faites aujourd’hui constituent une promesse d’avancées, soyez assurés que le CHFO n’est pas au bout de ses propositions et maintiendra un haut niveau d’exigence, comme on ne se prive pas de la faire vis-à-vis des corps de direction.

Le CHFO est au travail

Qu’il s’agisse des statuts, des effectifs des conditions de travail, de la santé, de la formation, il faut retrouver le chemin du progrès pour nos métiers.

Instance collégiale DH du 15 juin 2023 : le CHFO vous informe

Lors de cette séance, les membres de l’instance devaient examiner les candidatures pour les emplois publiés le 7 avril :

6 emplois fonctionnels de Groupe III

  • Directeur « Hôpitaux de Grand Cognac » (Charente)
  • Directeur Hospices civils de Beaune et EHPAD de Bligny-sur-Ouche (Côte-d’Or)
  • Directeur du CHI de Pontarlier, CH d’Ornans et Morteau & EHPAD Flanguebouche (Doubs)
  • Directeur du Centre hospitalier intercommunal du Bassin de Thau (Hérault)
  • Adjoint au Directeur du CHI Poissy-Saint-Germain, CH Mantes-la-Jolie et CHI Meulan (Yvelines)
  • Directeur du Centre hospitalier « Georges Mazurelle » (Vendée)

Au total, 50 personnes se sont portées candidates sur les 6 emplois, dont 15 femmes et 35 hommes.

L’instance collégiale a adopté les listes courtes pour les 6 emplois  ; elles comptent de 3 à 7 candidats.

Les candidatures aux emplois publiés les 16 et 23 mai 2023 seront examinées lors de l’instance collégiale du 13 juillet.

Vous trouverez ci-après la déclaration des représentants du CHFO.

Déclaration liminaire du CHFO

Des hospitaliers très exposés, une réalité cruelle

Il y a quelques semaines, beaucoup d’hospitaliers se sont rencontrés à l’occasion de SANTEXPO, mais cette manifestation était endeuillée par l’agression meurtrière commise au CHU de REIMS.

Au-delà du deuil et de la solidarité réaffirmée envers les proches des victimes et les hospitaliers de Reims, il est de notre devoir d’affirmer qu’un tel événement ne peut pas être traité comme un accident malheureux. Nous sommes entrés dans une ère où la notion d’hôpital sanctuaire s’est effacée, à tous les niveaux : c’est vrai dans l’agressivité et les incivilités, dans la petite ou grande délinquance ; c’est vrai sur les théâtres de guerre où les hôpitaux sont ciblés, comme ils le sont par les cybercriminels. Tout cela s’ajoute bien sûr aux crises d’approvisionnement et à la crise des financements.

La montée des enjeux sécuritaires

Ainsi les questions de sécurité qui étaient centrées sur la sécurité des soins deviennent désormais multidimensionnelles ; elles exigent une attention soutenue aux risques et une vigilance pour préserver la nécessaire ouverture de l’hôpital : comment concilier un hôpital forteresse physique et numérique quand il faut accueillir H24 et communiquer avec tous ?

Cette contradiction est notre lot quotidien mais elle vient encore alourdir la charge mentale qui pèse sur les décideurs hospitaliers. Un rapport du Conseil d’Etat publié en 2018 portait sur la prise de risque dans la fonction publique ; il pointait cette évolution globale, et il invitait aussi l’administration à jouer son rôle de formation et de protection des décideurs. C’est à ce titre que le CHFO demande que soit mise en œuvre la préconisation de ce rapport d’une Ligne directrice de gestion sur la protection fonctionnelle.

Une actualité législative à nouveau chargée

Au moment où se réunit l’instance collégiale, les députés examinent en séance publique la proposition de loi Valletoux en première lecture. Elle vise à « améliorer l’accès aux soins par l’engagement territorial des professionnels ».

Ce titre indique une intention respectable pour répondre aux nécessités du moment ; elle introduit en particulier des éléments de régulation, pour essayer de limiter les déséquilibres territoriaux mais aussi les déséquilibres public/privé.

Ces efforts paraîtront timides à beaucoup de professionnels. Ils donneront l’impression d’une représentation nationale contrainte d’organiser la pénurie, comme le faisait précédemment la loi du 19 mai portant « amélioration de l’accès aux soins ». Il y a comme une sidération des pouvoirs publics face à l’écroulement du système de santé, une peur de l’effort à entreprendre. N’est-il pas tentant de faire le parallèle avec la crise climatique, avec l’insuffisance des plans climats qui vont aboutir à organiser notre résilience aux sécheresses et catastrophes ?

Les apprentis sorciers

Par-dessus le tout, malgré l’énormité des enjeux, il ne se passera pas de session parlementaire sans que les apprentis sorciers de la gouvernance n’enfourchent leur balai magique. Mais ils commencent à manquer d’imagination puisque cette fois on nous réédite tout simplement l’article 7 de la proposition de loi 3470, contre lequel nous avions fait campagne fin 2020 : il s’agit d’instaurer l’automaticité de direction commune quand une vacance de chefferie intervient au sein d’un GHT.

Quelle obstination ! Une disposition largement débattue, amendée puis retirée dans la précédente législature, est réintroduite en commission sans aucun élément justificatif nouveau.

Quelle contradiction ! Dans l’article 6 est affichée la volonté de renforcer le rôle des conseils de surveillance, et dans l’article 6bis, la promesse est faite de se passer de leur consentement pour une question essentielle : l’autonomie de direction de leur établissement…Décidément quand la gouvernance de conviction ou de coup de menton ne suffit pas, la solution serait le pilotage automatique ?!

Une nouvelle fois se présente la tentation du gouvernement par l’antiphrase : plus je parle territoires et proximité, moins je le pratique.

Réviser vraiment le PLFSS ?

Tout cela va encore faire gaspiller beaucoup d’encre et de salive, et c’est sans doute un moyen de ne pas parler de l’essentiel et en particulier du nerf de la guerre.

Dans son avis publié le 7 juin, le comité d’alerte sur l’évolution des dépenses de l’assurance maladie signale avec tact les incohérences du PLFSS 2023 :

Pour les établissements de santé et médico-sociaux, le contexte d’inflation est pris en compte à hauteur de 800M€ (hors salaires) et il reste « à mesurer le bon calibrage pour éviter d’aggraver les déficits hospitaliers déjà en forte hausse en 2022 »

Pour les salaires, le PLFSS se limite à financer l’effet en année pleine des décisions prises en juillet 2022. Autrement dit toute mesure salariale en 2023 impliquerait une nouvelle loi de financement rectificative…

Suivons bien la logique : les hospitaliers deviendraient responsables du creusement du déficit de l’assurance maladie. Il fut un temps où les recettes croissaient avec les salaires, mais avec la fiscalisation de la protection sociale et la pluie d’exonérations, voilà le résultat.

Vous avez dit attractivité ?

Face à la crise généralisée du système de santé, les politiques d’attractivité vont s’apparenter à une simple danse du ventre si « en même temps » on organise la perte du pouvoir d’achat des professionnels. Le CHFO se désole de voir le ministre de la santé silencieux sur ce sujet essentiel, laissant la tenue des comptes à un ministère de la rive droite.

Attractivité bis !

En va-t-il de même pour la transposition aux directeurs de la réforme de la haute fonction publique ? C’est à craindre compte tenu de la réalité des rapports de pouvoir au sein même du gouvernement et des administrations.

Pourtant, chacun sait que la carrière et la rémunération des cadres de direction est bien incapable de faire seulement frémir le niveau de l’ONDAM ! Alors, quand notre ministère n’est pas en mesure d’honorer la promesse d’une amélioration significative des conditions de promotion à la hors classe dès 2023, reconnaissez notre droit au scepticisme, voire à la méfiance. 

Qu’en sera-t-il quand il va falloir rétablir une vraie comparabilité avec les autres versants de la fonction publique ?

Quand il va falloir enfin reconnaître le niveau inédit de responsabilités qui pèse sur le pilotage de nos établissements, alourdi par la multiplication des enjeux sécuritaires que je viens d’évoquer.

Un récent rappel au règlement 

Il m’est impossible d’intervenir en ce début de séance sans évoquer une décision de justice qui touche au cœur du fonctionnement de cette instance collégiale. Le tribunal administratif de Paris, dans son jugement du 12 juin 2023, pointe une défaillance de fonctionnement, mais sur le fond il conforte l’importance du travail mené dans cette instance, et la valeur du dialogue social entre le CNG et nos organisations syndicales pour aboutir à des Lignes directrices de gestion.

Je saisis l’occasion, Madame la Directrice générale, pour attirer votre attention sur le respect d’un point du règlement intérieur de l’IC, qui prévoit que soit diffusé à chaque membre les classements remontés par les ARS. Cette communication a cessé depuis quelques mois sans raison, et le CHFO demande qu’elle soit rétablie, c’est un élément essentiel de l’évaluation du travail de l’instance collégiale et des autorités de recrutement, c’est aussi un élément de conseil aux candidats qui nous sollicitent.

Au moment où je vais mettre un terme à ma participation à cette instance, je vous promets que le CHFO continuera à dire tout haut ce que beaucoup de collègues pensent tout bas. Nous avons la conviction de faire un beau métier, nous nous battons pour qu’on cesse de le rendre toujours plus difficile.

Didier HOELTGEN

Posted in DH
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