Auteur/autrice : PGUINARD@dm1n

Conflit et Diplomatie : 9ème journée nationale de formation des directeurs

Conflits et diplomatie
le talent des dirigeants hospitaliers à l’épreuve !

L’édition 2026 de la Journée nationale de Formation des Directrices / Directeurs a pour thématique : Conflit et Diplomatie : le talent des dirigeants hospitaliers à l’épreuve. 

Après Bertrand BADIE et Danielle TOUPILLIER, Le troisième temps fort de la journée donne la parole Henri BERGERON, avec une intervention intitulée : « penser la crise du travail à partir de la coopération. ».

Sociologue, directeur de recherche au CNRS, rattaché au Centre de sociologie des organisations de Sciences Po et titulaire de la Chaire « Transformation des organisations et du travail », Henri Bergeron consacre ses travaux aux transformations des organisations, de l’action publique et du travail, avec une attention particulière portée au secteur de la santé. Il est également doyen de l’École d’affaires publiques de Sciences Po depuis 2025. 

Ses recherches mobilisent principalement la sociologie des organisations et de l’action publique pour comprendre les transformations institutionnelles, les relations entre savoir, expertise et décision, ainsi que les recompositions des pratiques professionnelles.

Son intervention, « La crise contemporaine du travail : une question de coopération », entre ainsi directement en résonance avec la thématique de cette journée consacrée au conflit et à la diplomatie dans les établissements hospitaliers.

Car si le conflit est souvent appréhendé comme ce qui vient perturber le fonctionnement ordinaire d’une organisation, il peut aussi être envisagé comme le révélateur de difficultés plus profondes dans les relations de travail, les interdépendances professionnelles et les modes de coordination.

Cette question prend une acuité particulière à l’hôpital, organisation complexe par excellence, où la réalisation de la mission de soin repose sur la coopération entre des professionnels aux cultures, aux responsabilités et aux intérêts parfois différents.

Dans un article consacré à l’organisation des soins, Henri Bergeron et Patrick Castel soulignent ainsi que la coopération en médecine constitue un problème central, qui ne peut être réduit aux seules appartenances professionnelles ou institutionnelles.

Les travaux d’Henri Bergeron invitent dès lors à déplacer le regard : coopérer ne va pas de soi. La coopération doit être construite, entretenue, négociée, parfois réparée. Elle suppose des arrangements entre acteurs, des formes de coordination et des espaces permettant de rendre compatibles des logiques professionnelles différentes.

Cette perspective rejoint particulièrement les préoccupations des dirigeants hospitaliers.

Diriger ne consiste pas seulement à décider, arbitrer ou gérer les conflits : il s’agit aussi de créer les conditions organisationnelles permettant aux différents acteurs de continuer à travailler ensemble malgré les désaccords, les tensions et les contraintes. La diplomatie hospitalière pourrait ainsi être pensée non comme l’art d’éviter le conflit, mais comme une compétence de gouvernement des interdépendances.

En promouvant ce thème de la journée, nous partageons une ambition modeste mais réaliste :sécuriser les établissements et celles et ceux qui les font vivre.

Cette journée de formation est totalement ouverte et se veut avant tout être un moment de rassemblement et de partage sur les conditions concrètes des métiers de Direction.

 
 
 

LE PROGRAMME

Pour s’inscrire quelques clics suffisent :

https://evenium.events/formation-directeurs-fph-chfo-2026/ 

Rendez-vous le jeudi 8 octobre 2026 à PARIS

GHT : « on achève bien les chevaux »

GHT : "On achève bien les chevaux"

La signature le 29 juillet 2026 d’une circulaire aux ARS relative aux groupements hospitaliers de territoires vous a peut-être échappé.

Ce texte expose la conception ministérielle de ce que doit être le temps II des GHT, 10 ans après leur création.

Un programme dense et urgent

La date de parution, la discrétion de la méthode, le réalisme de l’agenda de travail ont déjà fait l’objet de critiques, mais ce serait faire injure aux pouvoirs publics de considérer que ce ne sont pas des choix. Reste que, comme souvent, ce qui est en retard devient urgent.

Il faut surtout s’attacher au fond. Le cadre du temps II des GHT est donc fixé : c’est la consolidation.

Les résultats attendus sont simples : mobiliser les marges d’efficience existantes. Même si dans le corps de la circulaire, sont mis en balance l’amélioration de la réponse graduée aux besoins des patients et la juste utilisation des crédits de l’assurance maladie.

Les plans d’action attendus portent sur :

  • Le périmètre géographique des GHT
  • L’organisation des parcours de soins
  • Les équipes médicales de territoires
  • Les directions communes
  • Les activités mutualisées et les dispositifs de mutualisation

Alors qu’il s’agit de relancer une dynamique de coopération territoriale, de répondre à la crise financière de nombreux établissements et aux tensions de recrutement, le choix est de le faire « à droit constant ».

L’existence de la loi Valletoux qui ouvrait la voie à des évolutions du cadre est donc passée par pertes et profits. En revanche, une disposition rejetée à plusieurs reprises par la représentation nationale veut être réintroduite par voie de circulaire.

Le détail qui tue

La ministre demande aux ARS de surseoir à la publication de tout emploi vacant de chef, la mise en place d’une direction commune devant être la règle.

Le modèle attendu est celui de l’unité managériale intégrale par une direction commune à l’échelle du GHT, qui concerne aujourd’hui un quart des GHT.

Le mouvement de constitution de directions communes a précédé les GHT et s’est amplifié depuis. Début 2026, selon les données utilisées par la DGOS pour élaborer les listes de chefferies d’établissement, on dénombrait plus de 600 entités juridiques sanitaires en directions communes contre moins de 200 en direction autonome.

Début 2026, on comptait 292 emplois fonctionnels de chefs d’établissement, et environ 160 chefferies sanitaires non fonctionnelles.

Si le modèle préconisé devait prospérer, ce serait donc plus de 300 emplois de chefs d’établissement qui devraient être effacés, dont près d’une centaine réservés aux D3S.

Un enjeu démocratique

C’est la première question qui se pose : est-il légitime d’introduire par voie de circulaire une disposition rejetée par le Parlement lors de l’examen de la loi…RIST ? Drôle de conception du droit constant. Il est vrai que la hausse des franchises médicales rejetée lors du PLFSS peut être réintroduite par décret…

Enjeu démocratique aussi vis-à-vis des élus et des conseils de surveillance : la convention de direction commune est de leur compétence. Les ARS sont invitées à utiliser tous les leviers dans le dialogue avec les présidents de conseil de surveillance. En clair, il faudra tordre des bras dans un contexte de vacance à la tête de l’établissement, en évitant d’infliger ce sort à certains «gros bras» qui pourraient bien faire basculer «le bras de fer».

Un enjeu statutaire et de carrière

La réforme du statut de directeur d’hôpital est encore en train de se mettre en œuvre. Elle a été vendue avec la promesse d’une centaine d’emplois fonctionnels supplémentaires. Et quelques semaines plus tard contre-ordre : plus de 150 d’entre eux sont promis à la disparition.

Oui on achève une réforme comme on achève bien les chevaux.

De plus la méthode préconisée via la vacance du poste met le doute sur la cohérence de la méthode : si le modèle est certain, si l’action est urgente, pourquoi s’en remettre à cet aléa de calendrier ? Cela évite sans doute de concevoir un vrai dispositif d’accompagnement, repositionnement reclassement des collègues.

D’ailleurs, les ARS auront-elles la patience d’attendre le terme des détachements ? Plusieurs expériences récentes montrent le contraire, via des non renouvellements au bout de 4 ans, des refus de prolongation, des fins anticipées. Avec un accompagnement des collègues concernés proche du zéro absolu.

Un enjeu de métier

Dans le système préconisé, il resterait donc 137 chefferies d’établissements publics de santé. Se trouverait ainsi supprimée la notion de parcours de carrière avec acquisition d’expertise à la tête d’établissements plus modestes. Les risques sont multiples, en termes d’erreurs de casting, de perte de diversité, et à terme de scission du statut.

D’autres modèles de parcours sont peut-être à construire, mais à ce stade nous en sommes au niveau zéro de la réflexion managériale.

Un enjeu de conditions d’exercice

Depuis des années le CHFO demande que soit pris en compte l’impact de la dimension territoriale et multisite sur les conditions de travail. Cela concerne tant les chefs d’établissement que les adjoints. Ici, on nous annonce une massification sans plus de réflexion sur les risques : multiplication des instances, trajets, pertes de reconnaissance par les équipes, etc. Il est faux de dire que concentration et proximité peuvent se marier sans méthode, sans outils, sans reconnaissance.

Et le moral des troupes ?

Il y a un grand paradoxe à vouloir relancer le dynamique territoriale en annonçant à 300 collègues, et à leurs équipes, qu’ils sont les derniers de l’espèce, bientôt empaillés.

Le choix de pousser la transformation au moment de la vacance de poste laisse un goût amer : le directeur en poste se trouve désigné comme le verrou, sans aucune reconnaissance du travail accompli à travers les multiples directions communes et fusions déjà patiemment tissées. La position du directeur de l’établissement support n’est guère plus enviable : la direction commune et ses charges devient l’horizon perpétuel, et sa capacité d’un dialogue sincère avec les partenaires est on ne peut plus amoindrie.

Nos propositions

Pour le CHFO, il n’est jamais trop tard pour ouvrir le dialogue. L’évolution de la position de la ministre sur les franchises médicales montre qu’elle peut entendre et lire plusieurs partitions.

La diversité des périmètres et contenus des GHT a été un choix politique des ARS. Il en est de même de la gestion des autorisations d’activités. Chacun doit assumer ses responsabilités.

Compte tenu de cette diversité, la direction commune intégrale ne saurait être le modèle unique pour faire avancer l’intégration de l’offre et l’amélioration de l’efficience. Cela paraît évident par exemple pour les GHT comptant un CHU. Il reste la place, dans de multiples territoires, pour un vrai modèle coopératif qui ne se limite pas à débattre avec soi-même !

Pour ouvrir le débat, le CHFO va saisir les maires, les parlementaires. Il demandera qu’un échange soit organisé entre les syndicats représentatifs des directeurs et le ministère sur les impacts et les risques et sur les scénarii alternatifs.

Conflit et Diplomatie : 9ème journée nationale de formation des directeurs

Conflits et diplomatie
le talent des dirigeants hospitaliers à l’épreuve !

L’édition 2026 de la Journée nationale de Formation des Directrices / Directeurs a pour thématique : Conflit et Diplomatie : le talent des dirigeants hospitaliers à l’épreuve. 

Le jeudi 8 octobre prochain débutera par l’intervention de Bertrand BADIE, Professeur émérite à Sciences Po. Il a enseigné à des générations d’étudiants la théorie des relations internationales.

Bertrand BADIE est l’auteur d’une quarantaine d’ouvrages, dont notamment « Nous ne sommes plus seuls au monde » en 2016, « L’art de la paix » en 2024 et « Par-delà la puissance et la guerre. La mystérieuse énergie sociale » en 2026.  Ouvrages aux titres évocateurs d’une lecture pointue des réalités du monde actuel et de ses turpitudes.

Sa pensée se distingue des théories anglo-saxonnes dominantes, insistant sur la nécessité d’un multilatéralisme inclusif et d’une approche sociale, à l’opposé des tentations vaines d’hégémonie et de domination. En ce sens Bertrand BADIE incarne aussi tout au long de ses années de recherche des positions originales et ambitieuses pour saisir le « Réel ».

Dans un contexte où la réalité de nos métiers implique naturellement de gérer des conflits, il est parfois complexe de placer le curseur entre fermeté et négociation, et la recherche du consensus représente tout un art.

Dans ce contexte, notre journée de formation souhaite favoriser un « rapprochement d’univers » en invitant des universitaires dont les thématiques sont susceptibles de résonner à notre échelle micro, en essayant d’en tirer quelques leçons utiles. 

La vie des établissements connait ses tensions, ses remous, ses heurts et ses conflits de toute nature, parfois inattendus et de prime abord pas toujours compréhensibles, ou encore relevant de rationalités  surprenantes. Chacun sait aussi que pour faire avancer les choses, obtenir  des conditions de sérénité est une clé de réussite collective.

Le regard de Bertrand BADIE devient intéressant pour mieux saisir les clés d’une « Paix » indispensable à la conduite de nos missions : Tout un art !

Cette première approche fera sens pour aborder très vite un échange fructueux avec l’intervenant.

LE PROGRAMME

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Rendez-vous le jeudi 8 octobre 2026 à PARIS

EVALUATION 2026: « COUP DOUBLE » POUR UN COUP D’ENVOI TARDIF

Le CNG a  enfin mis en ligne sur son site deux notes d’information relatives à la campagne d’évaluation 2026 en distinguant les informations à destination des DH ( note d’information CNG /DGD/2026-115) de celles destinées aux D3S et DS (note d’information CNG/DGD/2026-116).

Cette parution qui a battu cette année tous les records de tardiveté aura contraint les collègues D3S  et DS d’ attendre la « digestion » de la réforme statutaire des DH et notamment de son volet indemnitaire pour que puissent être publiés pour tous le calendrier (commun aux 3 corps) et les modalités de cette campagne annuelle.

Le ralentissement et la complexification de la campagne d’évaluation confirment l’absurdité qu’il y a eu à dissocier le régime indemnitaire des 3 corps. Il est urgent de réunifier , le travail en séquentiel n’a fait que ralentir la réforme. Tout le monde en convient aujourd’hui, même ceux qui rejetaient notre amendement en ce sens en juillet 2025…

LES CONSTANTES COMMUNES AUX 3 CORPS

1/ Le passage par SAGA pour récupérer votre support d’évaluation nominatif  .

2/ Un calendrier impératif pour les évaluateurs :

  • réaliser les entretiens d’ évaluation avant le vendredi 30 octobre au plus tard et d’adresser au CNG par voie dématérialisée les supports pour le 30 novembre au plus tard.

3/ Une prise en compte analogue  aux années antérieures des changements éventuels intervenus en cours d’année pour les 3 corps (mobilité notamment) :

  • l’autorité en charge de l’évaluation est celle de l’établissement dans lequel la durée d’affectation a été la plus longue.
    Dans l’hypothèse où un changement de fonction ou d’affectation de l’évalué intervient au 1er juillet de l’année N, l’autorité en charge de l’évaluation est celle qui était compétente pour les six premiers mois de l’année.
    En cas de départ de l’évaluateur, il appartient à la nouvelle autorité compétente de procéder à l’évaluation et, si elle le souhaite, de se rapprocher de son prédécesseur.

4/La communication à l’évalué à l’issue de l’entretien du montant de sa part résultats (pour les D3S et DS) ou de son CIA (pour les DH).

5/ La notification à l’évalué de sa décision individuelle de part R ou de CIA  dans un délai d’un mois après l’entretien:

  • Modèles de décision annexés aux notes d’information respectives DH (pour le CIA) et D3S/DS (pour la PFR).

6 / La fiche B5  du support d’évaluation à compléter impérativement par l’évaluateur, le cas échéant, pour formuler et motiver sa proposition ou non-proposition d’avancement au 2ème grade (pour les DH) et à la hors-classe (pour les D3S et DS ).

7/ Les délais et modalités de recours  analogues pour les 3 corps et inchangés par rapport aux années précédentes.

LES  MODIFICATIONS

Elles découlent  quasi-exclusivement de l’application aux DH des nouvelles dispositions statutaires et indemnitaires les concernant. 

Ceci explique d’ailleurs le retard pris pour communiquer ces notes puisque le CNG ne disposait pas à la date habituelle de leur publication, de l’ensemble des textes  concernant les DH. En effet, chacun aura noté que le dernier texte cité en référence de la note du CNG  date du 28 juillet dernier (à savoir  l’instruction dite « pérenne » relative à leur nouveau régime indemnitaire RIFSEEP) !

Pour les 3 corps :

– N’est pas mentionné en texte de référence dans les notes du CNG mais s’applique le décret du 1er août 2026 relatif à l’évaluation des directeurs : il « légalise » la possibilité pour les DG d’ARS de déléguer la conduite de l’entretien  à un autre directeur de l’Agence ( DGA. DOS…), y compris au directeur de la délégation départementale compétente, à l’exception du cas où il concerne un directeur général de centre hospitalier régional ou universitaire.

Dans les faits , cette pratique était déjà largement répandue avec de grandes variations d’organisation selon l’Agence, mais si ce nouveau décret l’officialise, il permet aussi de préciser que seul l’entretien peut-être délégué…

– les notes d’informations n’intègrent plus d’annexe relative au calendrier  de l’entretien d’évaluation. Mais à la lecture du corps des notes, les délais restent identiques à ceux des années précédentes.

–  la modification du support d’évaluation qui reste commun aux 3 corps de direction mais qui intègre – par rubrique – des champs spécifiques aux DH ou aux D3S/DS :

  1. sur la fiche A2 relative à la situation de l’évalué,
  2. sur la fiche B4 relative à l’attribution de la part variable qui distingue bien sur les encadrés désormais respectifs des D3S et DS toujours soumis au régime de la PFR de ceux prévus pour les DH relevant du RIFSEEP.
  3. sur la fiche B5 relative à la proposition d’inscription au tableau d’avancement, identique pour tous mais qui précise bien qu’il s’agit de motiver l’accès à la hors classe pour les D3S et DS et au 2eme grade pour les DH.

Pour les DH :

–  Les évolutions par rapport aux années précédentes sont inhérentes à l’entrée en vigueur du nouveau statut des DH et du régime indemnitaire (RIFSEEP). Les règles de détermination et d’évolution des 2 composantes du RIFSEEP que sont l’IFSE et le CIA et leurs impacts, dans le cadre de cette première évaluation annuelle post-réforme, sont explicitées en ANNEXE 2 de la note d’information CNG dédiée aux DH.

C’est à l’occasion de votre entretien d’évaluation et en fonction de l’atteinte des objectifs et constats faits en commun sur  votre manière de servir  que votre évaluateur doit, à l’issue de l’échange, vous préciser le montant du CIA qu’il va vous attribuer : toute attribution d’un CIA inférieur à la moitié du montant de référence ou supérieur d’au moins 30% au montant de référence donne lieu à la production d’un rapport à l’appui de la décision. 

Attention, le barème encadrant ces montants de référence pour les emplois classés dans le corps sont définis par groupes d’emplois ainsi que les plafonds : ceci suppose que la décision de classement de votre emploi précède celle d’attribution du CIA. 

Pour les D3S et DS : Pas d’évolution notable par rapport aux années antérieures mais les préconisations du CHFO demeurent, notamment sur la bonne observance par les évaluateurs comme par les évalués des principes mêmes d’un bon entretien d’évaluation.

LES CONSEILS DU CHFO

Sur les aspects techniques

L’usage de SAGA pour récupérer votre support d’évaluation devrait désormais ne plus poser de problèmes majeurs pour cette 3eme itération de l’utilisation d’un support dématérialisé . dans le cadre de l’évaluation annuelle.

Attention,  si vous ne retrouvez pas votre identifiant, mot de passe ou les 2, ne vous aventurez pas pour autant à créer un nouveau compte comme si de rien n’était. « PLAGE » se souvient de vous si vous tentez de créer un compte homonyme. Il faut donc suivre le circuit de recherche de votre compte, de récupération d’identifiant puis de réinitialisation de mot de passe. Puis pensez à vraiment vous déconnecter pour ensuite activer votre accès.

En bref, soyez zen, et ne vous y prenez pas au dernier moment pour récupérer votre support d’évaluation…

Le support d’évaluation prend donc le format d’un fichier pdf interactif : ce fichier
doit impérativement être maintenu au format pdf interactif et ne pas être imprimé et/ou scanné.
Le CNG précise bien que le maintien du format pdf interactif conditionne ensuite son intégration dans SAGA-Directeurs puis l’extraction des données en vue de statistiques (statistiques sur la PFR, le CIA, sur les corps, et pour la GPMC) et d’établissement de viviers.
Une copie de l’évaluation est conservée par l’évaluateur et l’évalué. Avant de cocher les cases  bloquant le contenu de l’évaluation, il est impératif d’enregistrer une copie du pdf interactif en cas de nécessité de modifier le contenu de l’évaluation (erreur dans le contenu, suites données à un recours, etc.). Le blocage du contenu suite à la coche de la case est définitif.
Une fois totalement signé, le fichier est transmis au CNG au format PDF interactif pour classement dans le dossier administratif de l’intéressé au sein de l’outil SAGA-Directeurs.
Les notes du CNG insistent sur le fait qu’il s’agit d’une obligation réglementaire pouvant engager la responsabilité de l’évaluateur. 

Sur le contenu du support d’évaluation

Le CHFO maintient sa réserve initiale sur  la rubrique « évaluation des compétences ». Mettre en regard une autoévaluation et une appréciation de l’évaluateur qui seraient divergentes et tracées définitivement dans le support parait inopportun. L’autoévaluation devrait avoir un caractère uniquement préparatoire pour aboutir à une version concertée. Quant à la possibilité de s’autoévaluer « exceptionnel » seulement cinq fois, nous n’en sommes toujours pas  remis !

Sur la partie projet professionnel (perspectives de carrière) , le CHFO est également très réservé. Outre l’interrogation sur l’exploitation réelle que pourra en faire le CNG, il est douteux que les collègues détaillent tous azimuts leurs projets à deux ans ; si la réflexion est utile, il n’est pas forcément pertinent de l’insérer dans la relation évaluateur/ évalué au moment de l’entretien. Quant à la question posée à l’évaluateur d’apprécier un projet de chefferie de son adjoint, non  merci. Il y a déjà un avis demandé  sur la capacité à exercer des responsabilités supérieures. N’oubliez pas, cette rubrique est facultative

Pour le CHFO il y a confusion des genres entre l’évaluation annuelle et un entretien de carrière périodique, demandé par nous, et encore trop peu pratiqué par le CNG. en raison notamment de l’insuffisance des moyens dédiés à ce dispositif.

En revanche, le CHFO rappelle sa proposition que puissent être intégrées aux thématiques abordées lors de l’entretien annuel d’évaluation celles relatives à l’entretien annuel sur la charge de travail prévu par le code du travail (article L3121-46) pour les salariés du privé et du monde associatif au forfait jours.

La charge de travail, l’organisation, les horaires des réunions, la programmation des congés, le fonctionnement de la garde de direction et tous les sujets qui impactent l’articulation entre vie professionnelle et vie personnelle peuvent bien être évoqués au moins une fois l’an !

C’est pourquoi le CHFO propose de transposer l’article L3121-46 dans le code général de la fonction publique.

Que vous soyez chef d’établissement ou adjoint, rappelons que c’est votre activité qui est évaluée et non l’établissement ou votre pôle 

Que vous soyez évaluateur ou évalué, DS,D3S ou DH, le CHFO est à votre écoute pour vous accompagner  avant, pendant et après ce processus exigeant relatif à l’entretien annuel d’évaluation !

N’hésitez pas à nous faire part de vos interrogations ou difficultés éventuelles à titre individuel .

Nous restons également à l’écoute de toutes vos remarques pour contribuer à l’amélioration du dispositif.

RIFSEEP DH : le traitement de certaines situations particulières

Flash InFO #5/6

Dès les premières concertations pour la préparation de l’instruction bascule du mois de février 2026, le CHFO avait demandé que soient bien inventoriées toutes les situations spécifiques qui pouvaient entraîner un doute sur la détermination de l’IFSE et du CIA.

L’instruction pérenne est censée reprendre l’ensemble de ces situations mais il se peut encore que des cas particuliers posent des problèmes d’interprétation dont il faudra nous saisir.

De manière générale, les règles sont plus précises pour l’IFSE que pour le CIA. En effet le décret introduit une évolution notoire en édictant que le versement de l’IFSE suit le traitement principal. A l’opposé le caractère précaire, non reconductible et directement lié à l’atteinte des objectifs du CIA laisse beaucoup plus de marge de manœuvre à l’évaluateur, tout en interdisant le versement sur une année où il n’y a pas d’activité.

Une première liste de situations particulières est présentée ici, pour lesquelles l’instruction apporte des réponses :

  • Arrêts de travail
  • Temps partiel
  • Intérims
  • Mobilités en cours d’année
  • Détachements et mises à disposition
  • Recherche d’affectation

Elle sera complétée en fonction de vos questions n’hésitez pas à nous saisir (permanence@chfo.org )

5 – A L’impact des arrêts de travail sur l’attribution du régime indemnitaire

Arrêts de travail et IFSE

Le montant de l’IFSE est fixé en fonction du poste occupé, révisable en fonction des mobilités ou lors d’une révision périodique.

Comme indiqué en introduction, le montant de l’IFSE versé suit le sort du traitement principal, et peut donc passer à 90% ou à 50% du montant fixé en fonction de la nature et de la durée de l’arrêt. A l’inverse, pour les arrêts donnant lieu à maintien du traitement, l’IFSE n’est pas impactée (cas des congés de maternité, de paternité, d’adoption, des CITIS).

Si, malgré notre demande, le cas du nouveau congé supplémentaire de naissance n’est pas mentionné pour l’IFSE, la même règle générale d’alignement sur le traitement principal s’applique, c’est-à-dire IFSE à 70% sur le premier mois et à 60% sur le second mois (source FAQ Portail de la fonction publique).

Un progrès notable de la réforme concerne les collègues en CLM / CLD puisqu’auparavant ils étaient exclus du versement de la PFR (fonctions comme résultats). Ils deviennent éligibles à l’IFSE.

L’instruction précise d’ailleurs les modalités de fixation de l’IFSE pour ceux qui ne percevaient pas de PFR fin 2025 (page 20 de l’instruction).

Arrêts de travail et CIA

Par son caractère non reconductible et étroitement lié à l’évaluation, le montant annuel de CIA attribué laisse une large marge de manœuvre à l’évaluateur dans la limite des barèmes (Plafonds et montants de référence).

Pour autant, le CHFO a obtenu que l’Instruction reprenne les règles en vigueur dans d’autres administrations.

A ce titre, il est distingué :

  • Les situations où le CIA est proratisé à la présence : périodes en CLM / CLD
  • Les situations où le CIA n’est pas proratisé : périodes en CMO, congés de maternité, de paternité, d’adoption, congé supplémentaire de naissance, CITIS.

Il va de soi pour le CHFO que la même attitude doit prévaloir pour la part Résultats attribuée aux collègues D3S et DS. Mais l’urgence est désormais de passer aux « travaux pratiques » sur la généralisation du RIFSEEP aux 3 corps, puisque l’arbitrage favorable nous a été confirmé à plusieurs reprises.

5 – B L’impact du temps partiel sur l’attribution du régime indemnitaire

Temps partiel et IFSE

Toujours dans la même logique d’une IFSE qui suit le traitement principal, le montant d’IFSE doit être fixé pour un temps de travail à 100% et proratisé comme le traitement principal.

A ce titre, le temps partiel thérapeutique emporte également maintien de l’IFSE à 100%.

Temps partiel et CIA

La base des décisions d’attribution reste celle des montants de référence définis par l’évaluateur pour un travail à 100%.

Ensuite l’instruction distingue :

  • Les situations où le CIA est proratisé à la présence : temps partiel inférieur à 80%
  • Les situations où le CIA n’est pas proratisé : temps partiel égal ou supérieur à 80%, temps partiel thérapeutique.

Là encore la même attitude doit prévaloir pour la part Résultats attribuée aux collègues D3S et DS.

5 – C L’impact des intérims sur l’attribution du régime indemnitaire

Intérims et IFSE

L’instruction distingue les intérims d’une chefferie d’établissement confiés par l’ARS, et les intérims d’une direction fonctionnelle.

Dans le premier cas, l’intérim donne lieu à une majoration mensuelle de l’IFSE :

  • 580€ pour l’intérim d’un établissement public de santé hors l’établissement d’affectation
  • 290€ pour l’intérim d’un établissement public de santé dans son établissement d’affectation
  • 390€ pour l’intérim d’un établissement médicosocial

Pour les intérims de direction fonctionnelle au sein de son établissement l’IFSE n’est pas modifiée.

Intérims et CIA

L’instruction invite les évaluateurs à prendre en compte les intérims (chefferie ou direction fonctionnelle) pour majorer le CIA à cette occasion. C’est d’ailleurs cité comme un motif légitime pour dépasser les montants de référence, y compris au-delà de la marge de 30%, qui entraîne la production d’un rapport.

5 – D L’impact des mobilités en cours d’année sur l’attribution du régime indemnitaire

Nous ne reviendrons pas ici en détail sur les modalité d’évolution de l’IFSE en cas de mobilité, développée dans notre Flash InFO n°2.

Une nouveauté doit être précisée concernant le CIA.

Antérieurement, le montant de la part résultats était arrêté par l’évaluateur de l’établissement où l’on avait exercé la majorité de l’année, ce montant étant réparti ensuite au prorata des durées de présence sur les 2 établissements.

Pour le CIA, il découle des textes que 2 décisions autonomes doivent être prises puisque le plafond et le montant de référence de l’emploi peuvent varier à l’occasion de la mobilité. L’instruction parle alors d’un entretien professionnel ou d’une évaluation intermédiaire dans les 2 établissements, ou à défaut si l’une des durées d’exercice est trop courte, d’une fixation à la moyenne des CIA du groupe d’emploi.

5 – E L’attribution du régime indemnitaire en cas de détachement ou de mise à disposition

Le détachement

Dans le cas de détachement, c’est comme auparavant le régime indemnitaire du corps d’accueil ou de l’organisme d’accueil qui s’applique.

A l’entrée en détachement, si le régime indemnitaire du corps d’accueil est le RIFSEEP, vous pouvez vous prévaloir de votre IFSE de DH, si elle est compatible avec le barème du corps. Ce n’est pas une règle impérative mais le parallélisme avec ce qui est préconisé pour les autres fonctionnaires accueillis dans le corps de DH peut être invoqué (cf. page 7 de l’instruction).

Si vous étiez déjà en cours de détachement début 2026, ce ne sera pas le cas puisque vous n’avez pas de décision d’IFSE DH.

Le retour du détachement  

Lors d’un retour de détachement, la règle de base est la reprise de votre IFSE antérieure, ou de son équivalent calculé à partir de la PFR, dans la limite du plafond de l’emploi de retour.

L’instruction précise en outre (pages 8 et 9) les possibilités de prise en compte de l’expérience acquise lors du détachement, qui peut valoir, selon sa durée, une ou deux mobilités.

La mise à disposition

Cette position a des conséquences tout à fait différentes qui sont explicitées page 15 de l’instruction : « l’agent est réputé occuper son emploi » dans le corps et se voit donc appliquer le RIFSEEP DH.

L’instruction précise les modalités de déclinaison des règles relatives à la prise en compte de la MAD comme mobilité pour réviser l’IFSE.

L’instruction fixe comme règle que lors de la MAD, l’agent se voit appliquer le barème de son groupe d’emploi d’origine.

Plusieurs points resteront cependant à préciser : s’agissant des MAD antérieures à 2026, le classement de l’emploi en groupe de niveau pourra s’avérer délicat, l’emploi d’origine n’existant plus ou étant occupé par un autre collègue.

Par ailleurs, l’instruction n’évoque pas les modalités d’attribution du CIA pour les DH en MAD. Le principe reste celui de l’évaluation par l’organisme d’accueil, mais la décision d’attribution du CIA relève de l’établissement employeur dans le cadre de montants de référence qu’il aura défini.

5 – F Le régime indemnitaire des directeurs en recherche d’affectation

Ce régime est précisé par l’instruction (page 14) et par l’article 6 de l’arrêté du 30 juillet. Ce dernier fixe le mécanisme de dégressivité de l’IFSE au cours de la RA jusqu’à 2 ans. Au-delà, le versement d’IFSE est supprimé.

L’instruction édicte enfin que les agents en RA ne sont pas éligibles au CIA. Le CHFO a contesté ce point puisque la RA est définie comme une position d’activité. Cela prive en particulier de l’occasion de valoriser l’engagement des collègues qui prennent au cours de la RA des missions parfois complexes.

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RIFSEEP DH : la gestion du RIFSEEP pour les emplois supérieurs

Flash InFO #4/6 – Composition et compétence du comité d’harmonisation

L’arrêté du 30 juillet 2026 et l’instruction du 28 juillet prévoient donc la création d’un « comité d’harmonisation », inspiré de ce qui a été mis en place pour l’Etat.

Ce dispositif part de constat que l’arrêté autorise des évolutions de plus grande amplitude pour l’IFSE des emplois supérieurs. Pour rappel le barème prévoit des socles pour chaque groupe lettre d’emplois supérieurs et des plafonds pour chacun des quatre niveaux.

Pour le CIA, l’annexe de l’instruction ne comporte pas de « montants de référence » pour l’attribution annuelle, mais ces montants existeront bien, fixés par les ARS, dans le cadre des orientations données par le comité d’harmonisation.

Le comité d’harmonisation comprendra 6 membres :

  • 1 représentant DGOS
  • 1 représentant SGMAS
  • 1 représentant CNG
  • 1 représentant ARS
  • 1 représentant DG CHU
  • 1 représentant DG CH

Cette composition est justifiée comme réunissant les attributeurs de RIFSEEP et non les attributaires.

Son rôle consisterait à prévenir le risque d’appréciations trop hétérogènes dans l’application des règles IFSE et CIA.

A ce titre ses compétences sont limitées :

  • S’assurer de la cohérence interrégionale des montants servis de CIA pour les chefs d’établissement et les adjoints sur emploi fonctionnel et fixer les orientations pour la détermination des montants de référence et l’attribution du CIA ;
  • Aider à la fixation du pourcentage d’augmentation d’IFSE dans le cadre d’une prise de fonction sur un emploi fonctionnel ou à la suite d’une mobilité sur un nouvel emploi supérieur ;
  • Aider à la fixation du pourcentage d’augmentation d’IFSE en cas de réexamen pour absence de mobilité ;
  • Faciliter les échanges croisés entre attributeurs d’IFSE ou de CIA

Notre analyse

Si une déclinaison spécifique des conditions de fixation de l’IFSE et du CIA découle des textes (barème et pourcentage spécifiques), le CHFO n’était pas pour autant demandeur d’un  tel dispositif dont la caractéristique principale n’est pas la transparence pour les collègues attributaires. Le CHFO sera particulièrement vigilant sur le contenu et la stabilité de la « doctrine » qui devrait ainsi être produite.

Le CHFO a demandé que  l’instruction précise toutes les règles qui restent applicables au RIFSEEP des emplois supérieurs ; la réponse n’a pas été explicite, mais de fait, les compétences limitées du comité font que toutes les règles relatives aux durées avant révision avec ou sans mobilité, ou au traitement des situations particulières sont de portée générale.

Le CHFO avait aussi demandé que les représentants des DG CHU et DG CH soient désignés par leurs conférences respectives, l’administration a retenu une formule de synthèse de proposition par la FHF après consultation de ces conférences.

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RIFSEEP DH :les modalités d’attribution du CIA

Flash InFO #3/6 – Les modalités d’attribution du C.I.A.

Le principe général du complément indemnitaire annuel est proche de celui de la part résultats dans la PFR : lien avec l’évaluation annuelle, appréciation de l’engagement professionnel et de l’atteinte des objectifs pour déterminer le montant.

Cependant, des différences notables sont à souligner dans la mise en œuvre du principe.

Tout d’abord la part relative du CIA dans le régime indemnitaire est plus faible que la part résultats dans la PFR.

Ensuite le CIA est annoncé comme entièrement déconnecté de tout mécanisme d’ancienneté, de progressivité ou de reconduction : pas de lien avec le grade, pas de socle. Les plafonds de l’arrêté sont fixés par groupe de niveau d’emplois.

Ni dans le décret, ni dans l’arrêté, il n’existe de barème par tranches de coefficient ou de maximum annuel d’évolution, etc.

Pourtant l’instruction est très inventive, là aussi pour tenir la main des évaluateurs.

L’invention des montants de référence

L’instruction demande à chaque évaluateur de déterminer chaque année des montants de référence de CIA à attribuer aux adjoints qui ont atteint leurs objectifs. Ces montants peuvent être soit uniformes, soit différenciés par groupe d’emplois.

Et l’instruction d’incorporer une annexe 3 qui encadre la fourchette dans laquelle ces montants de référence doivent être fixés : pour résumer cette fourchette va de 22% à 44% du plafond pour un emploi du groupe 4, elle va de 25% à 41% du plafond pour un emploi du groupe 1 !

Tout dépassement de ces plafonds dans des attributions individuelle est présenté comme devant résulter de situations exceptionnelles (avec l’exemple de l’intérim d’une autre direction fonctionnelle).

Toute attribution individuelle inférieure à la moitié du montant de référence ou supérieure d’au moins 30% au montant de référence donne lieu à la production d’un rapport à l’appui de la décision.

 La gestion du temps

Comme pour la part résultats, la décision fait suite à l’évaluation, le versement s’effectue entre septembre de N et mars de N+1.

En cas de mobilité, le système de proratisation de la part résultats définie par un évaluateur est remplacé par 2 décisions de CIA.

Notre analyse

Les règles de gestion ainsi fixées pour le CIA trahissent évidemment la promesse du décret et de l’arrêté. Elles n’ont pas été pour rien dans le retard à la sortie de cette instruction.

L’état d’esprit était simple : empêcher l’hypothèse même d’une situation favorable pour les directeurs de la FPH. En effet, le paramètre de base se trouvait dans les statistiques d’attribution de CIA pour les administrateurs de l’Etat. Dans les départements ministériels, le dispositif se décline par attributions d’enveloppes de CIA aux évaluateurs. Nous avons récusé cette méthode inapplicable pour un établissement qui compte quelques DH en comparaison d’un ensemble de plusieurs centaines d’AE. Il a donc été fait appel à la notion de montants de référence, utilisée aussi par certains départements ministériels.

L’hypothèse de départ de maxima à 40% du plafond a été légèrement assouplie, mais la discussion était particulièrement verrouillée. L’administration a même refusé la demande du CHFO de rappeler dans l’instruction que la totalité du barème a vocation à être utilisée, ce qui est pourtant la loi.

En tout état de cause, le décret et l’arrêté demeurent, et la méthode est clairement celle de l’intimidation des évaluateurs en leur demandant des rapports.

Disons-le clairement, ce nouveau régime indemnitaire est désormais équipé de faux plafonds !

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RIFSEEP DH : les modalités d’évolution de l’IFSE

 Revalorisation de l’IFSE en cas de mobilité

L’IFSE étant éminemment liée aux fonctions et donc à l’emploi occupé, il est logique qu’elle soit réexaminée lors d’une mobilité. C’est ce que prévoit l’article 4 du décret 2025-1145 : « le montant de <l’IFSE> fait l’objet d’un réexamen …en cas de changement de fonctions, dans les conditions précisées par arrêté du ministre chargé de la santé et par les lignes directrices de gestion. »

Le premier principe à retenir est que le montant d’IFSE attribué sur un emploi n’est pas remis en cause du fait d’une mobilité. Il peut être revalorisé. La seule cause de diminution d’IFSE en cas de mobilité est l’atteinte du plafond d’IFSE correspondant au groupe de niveau du nouvel emploi.

Les niveaux de revalorisation possible de l’IFSE dépendent de la nature de la mobilité et des groupes de l’emploi d’origine et de l’emploi d’arrivée. Ils sont résumés dans le tableau ci-dessous :

L’arrêté du 27 novembre fixant le plafond de révision par mobilité à 10%, l’instruction fixe des niveaux intermédiaires en fonction du type de mobilité. Dans le tableau, le terme « sans mobilité géographique désigne donc une mobilité fonctionnelle. La ligne directrice de gestion visée à l’article 4 du décret n’a pas encore été concertée.

Quelles sont les limites à ces revalorisations ?

Tout d’abord, si le décret utilise l’indicatif (l’IFSE fait l’objet d’un réexamen), les montants de l’instruction sont des plafonds.

Ensuite, dans tous les cas, le réexamen s’effectue aussi dans la limite du plafond d’IFSE applicable au groupe d’emploi.

Ensuite encore, il est imposé par l’instruction une durée minimale d’occupation de l’emploi précédent de 2 ans.

Ensuite toujours, si une revalorisation sans mobilité de l’IFSE (cf. infra) a été appliquée dans les 12 mois précédents, elle sera à valoir sur le nouveau réexamen.

Enfin, il ne faut pas oublier le taux pluriannuel maximum de revalorisation de 20% sur 9 ans.

Revalorisation de l’IFSE en l’absence de mobilité

L’instruction utilise ici le terme de réexamen périodique.

Ainsi, même si le collègue ne change pas d’emploi, il peut bénéficier d’une revalorisation de son IFSE au titre de l’expérience et de l’expertise acquise, tous les trois ans. Trois taux de revalorisation possibles sont donnés à titre indicatif sans plus de précision : 0, 2,5%, ou 5% (étant le maximum).

Ces réexamens entrent dans la limite du maximum pluriannuel de 20%, et s’entendent aussi dans la limite du plafond de l’emploi prévu par le barème de l’arrêté.

 La gestion du temps

Outre les durées sur postes requise pour des réexamens avec ou sans mobilité, l’instruction précise plusieurs points .

Pour le décompte de durée avant une mobilité, on tient compte de la dernière mobilité, même si elle est antérieure à 2026. Des revalorisations à ce titre peuvent donc intervenir dès maintenant. Pour les réexamens sans mobilité, le même principe s’applique mais l’année 2026 est instaurée en année blanche.

Les révisions d’IFSE ne s’appliquent pas en année civile et ne sont pas mécaniquement liées à l’évaluation (même si cela peut-être le bon moment de se rappeler au bon souvenir de l’évaluateur !). Les revalorisations prennent effet au moment de la mobilité, ou à la date anniversaire des 3ans requis en l’absence de mobilité.

L’analyse du CHFO

Complétant l’arrêté du 27 novembre 2025, l’instruction se place dans la même logique de vouloir limiter la progression de l’IFSE en encadrant strictement les marges de manœuvre des évaluateurs. Pour beaucoup de collègues, les plafonds resteront un horizon lointain jusqu’au terme de leur carrière.

Ce que le CHFO a obtenu :

La durée d’occupation d’un poste requise pour qu’une mobilité soit valorisée a été rapportée de 3 ans à 2 ans sur proposition du CHFO, en référence à des instructions comparables pour le versant Etat.

De même la durée requise pour un réexamen sans mobilité a été ramenée à 3 ans au lieu de 4 ans.

Le CHFO a aussi obtenu une prise en compte relative des mobilités « subies » en cas de réorganisation collective. A minima, dans ce cas, le collègue n’est pas lésé par l’application du plafond du nouvel emploi, tant qu’il ne sollicite pas lui-même une nouvelle mobilité.

En revanche, notre demande de réduire dans ces cas la durée requise sur le poste antérieur à un an pour obtenir une revalorisation n’a pas été acceptée.

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Instruction pérenne RIFSEEP : plus de 6 mois et… enfin là !

Plus de 6 mois après la parution des nouveaux textes statutaires des DH dont le décret n°2025-1145 du 27 novembre et l’arrêté du même jour consacrés au nouveau régime indemnitaire paraissent au beau milieu de la période estivale un arrêté au JO du 2 août ainsi que l’instruction dite « pérenne » relative à la mise en œuvre du RIFSEEP, publiée au Bulletin Officiel  du 04 août 2026.

Ce qu’il faut retenir

Outre le rappel des principes et mécanismes posés par le Décret n° 2025-1145 du 27 novembre 2025 et par l’arrêté du même jour, cette nouvelle instruction vise en particulier à décliner ces règles pour trois sujets :

  • Le classement des emplois du corps dans les groupes de niveau
  • Les modalités d’évolution de l’indemnité de fonctions, sujétions et expertise (IFSE)
  • Les modalités d’attribution du complément indemnitaire annuel (CIA)

Une organisation particulière est annoncée pour les emplois supérieurs avec la mise en place d’un comité d’harmonisation.

L’instruction fait également un premier inventaire des situations particulières à prendre en compte pour la détermination de l’IFSE ou du CIA.

L’instruction rappelle aussi les modalités de fixation initiale de l’IFSE qui étaient décrites dans l’instruction DGOS/RH4/2026/12 du 20 février 2026 dite « bascule ».

Pour faciliter le décryptage, le CHFO vous propose 6 épisodes successifs  correspondant à chacune de ces rubriques.

 Flash InFO #1/6 – Le classement des emplois dans les groupes de niveaux

Rappel des enjeux
Lien avec l’IFSE : l’article 3 du décret 2025-1145 définit l’IFSE et pose le principe que les fonctions exercées sont réparties au sein de différents groupes. 

En réalité ce lien est partiel.

En effet, si pour les emplois supérieurs, le barème IFSE fixe des montants socles et des plafonds pour chaque groupe d’emplois, pour les emplois du corps seuls les plafonds sont liés au groupe d’emplois, les socles sont fixés pour chaque grade.

En résumé : pour les emplois du corps, votre IFSE actuelle a été fixée en référence soit au socle de votre grade, soit à votre PFR 2025 si elle était plus favorable. Lorsque votre emploi va être classé dans un groupe de niveau 1 à 4, cela n’entraînera aucune modification de votre IFSE. Pour les emplois supérieurs, leur classement dans un groupe est déjà connu et l’IFSE doit être au moins au socle du groupe.

Le classement dans un groupe de niveau a donc surtout un impact sur l’évolution ultérieure de l’IFSE, en cas de mobilité ou non (cf. notre article n° 2/6  à venir le 6 août prochain).

Lien avec le CIA : l’article 6 du décret 2025-1145 précise que le montant du CIA est compris entre 0 % et 100 % d’un montant maximal par groupe de fonctions. Le barème est inscrit dans l’arrêté du 27 novembre.

Le classement de votre emploi dans un groupe de niveau a donc pour effet d’encadrer le maximum de CIA pouvant être attribué, puisqu’il n’y a pas de socle. (cf. notre article n°3/6 à venir le 7 août prochain) .

Les règles de classement des emplois.
Le cadre est posé par l’article 2 de l’arrêté du 27 novembre 2025.

 
 
 
 

Chaque grand type d’emploi peut donc être classé dans plusieurs niveaux, c’est le chef d’établissement qui procède au classement de l’emploi « dans les conditions précisées par instruction du ministre et par les lignes directrices de gestion ».

La souplesse de l’arrêté qui résultait d’une proposition CHFO est très encadrée par l’instruction, qui instaure des obligations et des interdictions de classement :

  • Les cartographies des établissements devraient comporter au moins deux niveaux de groupe, à l’exception des plus petites équipes
  • Les centres hospitaliers régionaux ainsi que les établissements de lettre E, F et G doivent proposer une cartographie disposant de l’intégralité des quatre groupes d’emplois, s’ils comptent au moins 10 directeurs dans les emplois du corps.
  • Pour les autres établissements, les emplois de groupe 1 sont réservés aux établissements supports de GHT, sauf exception expressément validée par le CNG. 

En dehors de ces quelques règles strictes, l’instruction reformule ou explicite les critères à utiliser pour procéder au classement.

Le processus de classement des emplois.
L’instruction parle de « cartographie » pour définir un processus global à l’échelle de chaque établissement ou direction commune.

Cela répond à la nécessité de faire entrer tous les collègues dans le nouveau dispositif ; il s’agit aussi de marquer le caractère relatif du classement qui va instaurer des niveaux différents au sein de l’équipe de direction.

L’instruction rappelle que c’est l’emploi qui est classé et non celui qui l’occupe.

L’instruction demande que tous les emplois pouvant être occupés par des DH soient classés, qu’ils soient pourvus par des DH, des D3S, des DS, d’autres fonctionnaires ou agents contractuels, ou qu’ils soient vacants.

Les modalités pratiques du classement et le contrôle.
Dès parution de l’instruction, le CNG va diffuser au chefs d’établissement une maquette de cartographie des équipes de direction.

Le chef d’établissement doit communiquer son projet de cartographie à l’ensemble de l’équipe de direction ; elle est ensuite partagée au niveau du GHT, et l’établissement support regroupe les projets pour les transmettre au CNG.

C’est le CNG qui contrôle la conformité de chaque cartographie avec l’arrêté et l’instruction, sachant que chaque emploi doit être classé pour pouvoir être publié.

Il dispose d’un délai de 4 mois.

Une LDG du CNG précisera les critères et modalités de contrôle.

Chaque membre de l’équipe de direction reçoit une notification individuelle du classement de son emploi.

Lors d’une évolution de l’organigramme, création, suppression ou transformation d’un emploi, changement de groupe, le chef d’établissement devra mettre à jour la cartographie, en particulier s’il veut publier un emploi.

Notre analyse

Les points positifs

Le processus de cartographie est une occasion d’un meilleur recensement des emplois de direction dans les établissements. Jusqu’à présent le CNG disposait seulement du résultat d’enquêtes ponctuelles. Même s’il n’est pas décideur, ce suivi des emplois par le CNG paraît indispensable pour sa mission de GPMC.

Le processus de cartographie assure un minimum de transparence pour les collègues concernés, qu’il s’agisse de leur emploi actuel ou futur.

Les points négatifs

L’instruction RIFSEEP a pour conséquence de réduire sensiblement la souplesse laissée par le décret et l’arrêté. Le critère de la taille des établissements reste dominant pour empêcher ou obliger à l’utilisation de tel ou tel groupe, alors qu’il n’est pas forcément représentatif du degré d’exposition de l’emploi.

Le passage obligé de la cartographie par le GHT a été combattu par le CHFO car il donne l’apparence d’une compétence à l’établissement support sur un domaine qui relève de l’autonomie de chaque établissement. Le fait que des collègues s’en parlent pour s’assurer d’une certaine cohérence entre « voisins » ne nécessitait pas ce processus bureaucratique.

Ce que le CHFO a obtenu :

Le classement de l’ensemble des emplois, même ceux occupés par d’autres fonctionnaires est un amendement FO

L’ouverture du niveau 1 pour les groupes G est un amendement FO, même si cela est insuffisant car certains établissements importants non support de GHT resteront exclus.

L’inscription du droit individuel à recours dans l’instruction est un amendement FO.

Chaque chef d’établissement va procéder au classement des emplois par une appréciation relative du degré d’exposition au sein de son organigramme, et aussi en tenant compte du critère d’attractivité pour les recrutements futurs. Le CNG pour sa part aura plutôt une appréciation comparée d’organigrammes d’établissements comparables selon lui.

Le CNG pourra faire obstacle à ce qu’il considère comme des erreurs manifestes d’appréciation de l’instruction, mais pour le reste il s’agira de dialogue…

Consulter l’Instruction n° DGOS/RH4/2026/100 du 28 juillet 2026

Consulter l’Arrêté du 30 juillet 2026

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L’EHESP recrute sa/son responsable de filière EDH.

Pour consulter la fiche de poste et prendre connaissance des modalités de recrutement, cliquer ici

Renseignements administratifs Direction des ressources humaines – Cécile LE BONNIEC – cecile.lebonniec[at]ehesp.fr

Renseignements sur le contenu du poste : Pénélope CODELLO – Directrice du département – penelope.codello[at]ehesp.fr

La date limite pour déposer les candidatures (par voie électronique uniquement) est fixée au lundi 31 août 2026.

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