BILAN de la mission de soutien aux collègues en difficultés

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En février 2017, le Bureau National a validé la proposition du secrétaire général Didier Hoeltgen de confier à Christian Queyroux,à titre bénévole, une mission d'accompagnement des collègues en difficulté. Ce bilan, publié un peu tardivement fait le point après 2 ans de fonctionnement de la mission

A ce jour, plus de 30 dossiers ont été accompagnés, il concernent aussi bien des chefs d'établissement (DH et D3S) que des directeurs adjoints (DH et D3S), des attachés d'administration, des directeurs de soins et cadres de santé, des ingénieurs (titulaire ou contractuels).

  • 3 chefs d'établissement
  • 15 directeurs adjoints
  • 7 directeurs de soins, CCS et CS
  • 2 ingénieurs
  • 2 cadres contractuels
  • 2 AAH

L'accompagnement de ces dossiers a nécessité à la fois des temps d'écoute individuels en tête à tête ou par téléphone avec les interessés, des déplacements en diverses régions pour rencontrer différents protagonistes de certains dossiers qu'il s'agissent des directions d'établissement, des autorités locales et parfois d'autres protagonistes tels que des psychologues du travail, des politiques. Des réunions au CNG avec ou sans les collègues concernés selon les dossiers et les circonstances ont également eu lieu.

Face à chaque situation l'objectif prioritaire a toujours été de mettre fin à des situations dans lesquelles il n'était pas souhaitable que les protagonistes demeurent enlisés.

Dans nombre de situations nous avons aidé les collègues a trouvé un lieu mieux adapté à l'exercice de leur métier dans un contexte professionnel plus bienveillant, offrant une meilleure qualité de vie au travail, cette fameuse Q.V.T. qui devait être observée avec attention, du moins avant le changement de majorité politique.

Sans préjuger des qualités professionnelles de chacun des collègues qui ont fait appel au Syndicat National des Cadres Hospitaliers Force Ouvrière, un constat s'impose, la dégradation, en de nombreux lieux, de la qualité de vie au travail des cadres, du respect des personnes présentes derrières les étiquettes professionnelles.

L'injonction paradoxale gagne inéluctablement du terrain au fur et à mesure que les contraintes notamment budgétaires s'accroissent.

Ce qui a le plus inquiété notre organisation, à travers la relation qui en était faite par le chargé de mission, c'est la dérive de certains managements vers l'autoritarisme,la mise en cause personnelle, la mise à l'écart et parfois le non respect des procédures règlementaires notamment en matière de droit disciplinaire.

Certes les temps sont durs pour les établissements de santé mais rien ne justifie au seul motif qu'ils avancent en âge de pousser dehors à tout prix des directeurs adjoints qui n'ont pas démérités.

Les mesures de réorganisation internes ont quelquefois un goût prononcé de sanction déguisée et certains tandems managériaux à différents niveaux ne déparreraient pas la galerie des portraits du « gentil  flic » flanqué utilement du « méchant flic ».

Nous avons croisé des cas de « burn out », de grande souffrance au travail et constaté qu'il est plutôt rare que cela concerne des cadres vraiment incompétents ou bien décidés à maximiser leur rémunération par réduction de leur contribution aux charges communes de l'équipe de direction.

Tout au contraire le profil idéal de la future victime est celui de cadres consciencieux, animés par les valeurs du service public et qui s'interrogent sur l'adéquation de leur actions avec les nécessités de l'établissement. La plupart ne plaignent pas leur temps au travail et leur mal être est d'autant plus grand qu'ils ne comprennent pas pourquoi, à l'occasion d'un changement de direction, qu'elle soit de l'établissement ou d'un secteur d'activité, ils cessent d'être appréciés, ce qu'attestait leurs évaluations pour être décrétés indesirables.

Dans certains dossiers, nous avons pu travailler en collaboration avec nos camarades de la Fédération des Services Publics et de Santé lorsque d'autres catégories de personnels pouvaient être aussi concernées par des difficultés liés à leur management.

Les constatations faites rejoignent les diagnostics posés par d'autres enquètes quant aux conséquences de la diminution des moyens et l'augmentation des contraintes sur les établissements et leurs équipes de direction.

Nombreux sont les directeurs qui , non sans difficultés pour eux mêmes, ont réussi à s'accomoder des exigences externes accrues en obtenant la collaboration attentive de leur équipes de cadres sans se croire obligé pour autant de pratiqué un mangement qui dégrade la qualité de vie au travail.

Un certain nombre n'ont visiblement pas su le faire et quelles qu'en soient les raisons nous ne pouvons être d'accord avec ceux-ci.