Ses recherches mobilisent principalement la sociologie des organisations et de l’action publique pour comprendre les transformations institutionnelles, les relations entre savoir, expertise et décision, ainsi que les recompositions des pratiques professionnelles. Son intervention, « La crise contemporaine du travail : une question de coopération », entre ainsi directement en résonance avec la thématique de cette journée consacrée au conflit et à la diplomatie dans les établissements hospitaliers. Car si le conflit est souvent appréhendé comme ce qui vient perturber le fonctionnement ordinaire d’une organisation, il peut aussi être envisagé comme le révélateur de difficultés plus profondes dans les relations de travail, les interdépendances professionnelles et les modes de coordination. Cette question prend une acuité particulière à l’hôpital, organisation complexe par excellence, où la réalisation de la mission de soin repose sur la coopération entre des professionnels aux cultures, aux responsabilités et aux intérêts parfois différents. Dans un article consacré à l’organisation des soins, Henri Bergeron et Patrick Castel soulignent ainsi que la coopération en médecine constitue un problème central, qui ne peut être réduit aux seules appartenances professionnelles ou institutionnelles. Les travaux d’Henri Bergeron invitent dès lors à déplacer le regard : coopérer ne va pas de soi. La coopération doit être construite, entretenue, négociée, parfois réparée. Elle suppose des arrangements entre acteurs, des formes de coordination et des espaces permettant de rendre compatibles des logiques professionnelles différentes. Cette perspective rejoint particulièrement les préoccupations des dirigeants hospitaliers. Diriger ne consiste pas seulement à décider, arbitrer ou gérer les conflits : il s’agit aussi de créer les conditions organisationnelles permettant aux différents acteurs de continuer à travailler ensemble malgré les désaccords, les tensions et les contraintes. La diplomatie hospitalière pourrait ainsi être pensée non comme l’art d’éviter le conflit, mais comme une compétence de gouvernement des interdépendances. En promouvant ce thème de la journée, nous partageons une ambition modeste mais réaliste :sécuriser les établissements et celles et ceux qui les font vivre. Cette journée de formation est totalement ouverte et se veut avant tout être un moment de rassemblement et de partage sur les conditions concrètes des métiers de Direction. |