Déclaration liminaire et résultat CAP D3S 4 février 2016

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Monsieur Le Président,

Madame le Directrice Générale,

Mesdames et  Messieurs,

Chers Collègues ;

La dernière affaire de maltraitance en EHPAD fait actuellement le bonheur des media. Trois jeunes lycéennes en stage dans un établissement de Seine et Marne ont trouvé très amusant d’humilier et de diffuser sur internet les mauvais traitements qu’elles ont infligés à des résidents souffrant d’Alzheimer.

Les spécialistes en expertise de tout poil vont certainement se répandre à longueur de colonnes pour préconiser des solutions aussi péremptoires que définitives, forgées sur l’enclume du « y’a qu’à »  et alliées aux non moins inévitables protocoles et procédures de contrôle renforcés afin que « plus jamais ça » !

Mais bien peu relèveront que les métiers de la prise en charge des personnes âgées dépendantes et plus largement des personnes en situation de fragilité demandent non seulement de l’engagement et de l’empathie mais aussi … des moyens.

Ainsi, encadrer et former des jeunes aux métiers d’AS ou d’AMP, requiert du temps, temps que l’on doit distraire ou soustraire de ses tâches habituelles, de l’accomplissement de ses gestes professionnels : le tutorat est si ce n’est une tâche à plein temps à tout le moins une tâche pleine et entière qui ne souffre pas l’à peu près ou le bricolage. D’autant plus lorsque – comme c’est le cas dans cette affaire – les repères éthiques et moraux sont à reconstruire voire même à construire.

Or, depuis trop longtemps, les solutions élaborées pour le secteur médico-social sont du registre bricolage et pis aller, ce que nous n’avons  cessé de  dénoncer dans nos précédentes déclarations trouvent ici un bien triste écho.

A l’heure où se conçoivent et s’écrivent les textes réglementaires relatifs à la tarification des EHPAD, il serait peut-être bon de ne pas oublier qu’une équation tarifaire n’est pas seulement une suite de chiffres, mais un outil devant servir à la juste allocation des moyens.

Allocation de moyens qui, justement, connaît parfois des péripéties à l’exemple de ce qui s’est passé lors des débats sur le projet de loi de finances rectificative pour 2015. En effet, le secrétaire d’Etat au budget a présenté et fait voter le 2 décembre dernier par les députés un budget de fonds d’urgence de 50 millions d’euros prélevés sur les réserves de la CNSA pour faire face aux dépenses croissantes du RSA dans 10 départements.

De l’aveu même du secrétaire d’Etat « ce choix n’est pas totalement satisfaisant », c’est le moins qu’on puisse en dire,  mais il invoque à sa décharge le fait que cela s’est déjà produit par le passé. La belle affaire ! Depuis des années le CH-FO dénonce le manque de soutien  à l’investissement pour les établissements médico-sociaux. Ce n’est certes pas en ponctionnant, nous n’oserons pas dire en détournant, les réserves de fonds dédiés aux personnes âgées dépendantes et personnes handicapées que l’on parviendra à réaliser l’objectif de l’aide à l’autonomie, de l’inclusion sociale et plus globalement de la qualité de la prise en charge des personnes en situation de fragilité.

 

Mais que tout ceci ne nous empêche pas, en ce début d’année, et au nom du CHFO, de présenter à tous nos meilleurs vœux pour 2016 : que cette nouvelle année nous soit collectivement plus douce à vivre que 2015 qui restera douloureusement gravée dans nos mémoires. 

Et - s’il n’est pas encore trop tard - formulons donc quelques vœux:

Pour ce qui est très précisément des Directeurs d’Etablissements Sanitaires Sociaux et médico-Sociaux, de l’évolution de leur statut ainsi que de l’application du fameux « protocole-qui-est-à-l’horizon » (ce qui, à ce jour, signifie que son application recule au fur et à mesure que l’on avance dans le temps)  nous formulons le vœu d’un prompt déblocage de situation.

Pour ce qui est de l’application de la loi santé et des GHT à adhésion obligatoire, nous formons le vœu que cela se traduise par des coopérations respectueuses des établissements et de leurs équipes, coopérations fondées sur une vision commune et des projets discutés, concertés et partagés (bien que nous ne soyons pas dupes : cette réforme s’intègre pleinement et avant tout dans le déploiement  du plan d’économies annoncé par la Ministre de la Santé). Dans le même esprit formons le vœu que ces regroupements forcés ne se traduisent pas par des déclassements et une accélération des compressions de postes et emplois à la faveur des réorganisations managériales et des recompositions d’organigrammes.

Ce amène naturellement à évoquer le sujet de la démographie des trois corps de directions et singulièrement celui des D3S aux conditions d’exercice professionnel déjà fort éprouvées. Formons donc  le vœu d’un regain d’attractivité du métier alors même qu’on relève une importante défection des élèves à l’EHESP  cette année (: 7 DH – 6 D3S et 16 DS ; sans parler des 32 AAH).

C’est pourquoi, en paraphrasant un slogan bien connu,  pour 2016, soyons réalistes : demandons … à ce que les engagements soient enfin rendus possibles !

Monsieur Le Président, Madame le Directrice Générale, Mesdames et  Messieurs, Chers Collègues ; merci de votre attention.

 

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Détachements, Disponibilités, M.A.D.

Mutations Autres emplois

Emplois donnant accès à l'échelon fonctionnel

INTEGRATION Classe Normale

Tableau d'avancement complémentaire au grade D3S  hors classe

Nominations directeurs adjoints 6 & 13 novembre 2016