CCN du 5 février 2019 : Nouvelle mandature, nouvelles déconvenues ?

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Installation du Comité Consultatif National des trois corps de direction ce jour, prenez connaissance de la déclaration liminaire des représentants du CHFO : Valérie GAILLARD - Patrick DELAMARE et Sébastien HOUADEC.

Déclaration liminaire du CHFO

Madame la Présidente, Madame la Directrice Générale du CNG,

Mesdames et messieurs les membres du CCN,

Chers collègues,

En cette première séance du Comité Consultatif National unique pour les 3 corps de Direction, le CHFO souhaite à nouveau alerter le Ministère sur les conditions d’exercice  de plus en plus extrêmes des Directeurs qu’ils soient DH, D3S ou directeurs des soins : creusement des déficits hospitaliers nécessitant des plans d’efficience encore et toujours, pénurie du recrutement médical avec la nécessité impérieuse de faire fonctionner le service public hospitalier en sécurité et en qualité, exercice sur deux, trois, quatres(voire plus) sites hospitaliers avec autant d’équipes et d’instances à animer, affluence aux urgences avec mise sous tension des établissements, etc.,

Les Directeurs font face en gardien du service public hospitalier, mais à quel prix ! Niveau de responsabilité considérable, rythme de travail infernal, pression phénoménale, Il est urgent de reconnaître ce contexte et d’agir.

1er acte : Les Directions communes vont bon train, parfois même avant même que les chefs d’établissement concernés ne soient partis. Aucun accompagnement au repositionnement, à la recherche d’emploi, à part l’augmentation des recherches d’affectation. Aucun secteur professionnel n’accepterait de telles restructurations sans un véritable plan d’accompagnement. Le CHFO demande que ces situations individuelles qu’il suit fassent l’objet d’un véritable plan d’actions.

2ème acte : L’accompagnement des réformes ne peut se résumer à la redéfinition des emplois fonctionnels des DH (355 emplois versus 3000 emplois). Le CHFO demande que le régime des primes, la constitution des viviers du GRAF fassent l’objet d’une concertation avec le Ministère dans le cadre d’un vrai agenda social.

3ème acte : la diminution de la démographie des corps, le recul de l’attractivité du métier sont extrêmement inquiétants. Il est urgent de repenser les conditions de travail de manière très opérationnelle (le CHFO a fait des propositions très concrètes) et sur les parcours professionnels offrant des perspectives en début et milieu de carrière.

4ème acte : la santé au travail des Directeurs, sujet primordial pour le CHFO. Nous posons des questions simples : quel suivi médical pour les Directeurs ? Quels dispositifs de prévention des situations à fort risque psycho-social ? Quel comité médical pour les Directeurs ?

S’agissant maintenant des D3S, une nouvelle mandature s’ouvre 11 ans après la signature d’un protocole d’accord qui portait la promesse d’une revalorisation statutaire. 11 ans de mutisme, 11 ans de comitologie occupationnelle, 11 ans à répondre de manière absurde que l’unanimité syndicale est nécessaire pour prendre une décision, que la majorité réclame – l’unicité du corps DH-D3S. 11 ans aussi à tenir, pour le CH-FO, un même discours, à demander avec constance un minimum de considération, de reconnaissance, d’écoute, de bienveillance, à l’égard des 3 corps de directeurs.

Bon nombre de professionnels hospitaliers et médico-sociaux expriment encore aujourd’hui une perte de sens. Le CH-FO n’a cessé d’interpeler les pouvoirs publics. On ne peut être sourd face à la grogne, on ne peut demeurer aveugle devant l’inaction, on ne vous veut plus muet sur la suite à donner à ce protocole, on veut des actes, on veut des preuves.

Les agents des hôpitaux et des établissements sociaux et médico-sociaux sont peut-être les nouveaux Hussards de la république. Du moins, le pensons-nous. Car après des décennies de restrictions budgétaires, des réformes incessantes et une réglementation aussi contraignante que foisonnante, les fonctionnaires hospitaliers font toujours preuve d’autant de dévouement et, osons le dire, d’efficacité. Le CH-FO, au travers de ses représentants, a la modestie de penser que les directeurs aussi font toujours preuve de dévouement et d’efficacité, malgré un contexte difficile. Nous sommes corps et âmes à nos missions, soucieux des patients, des résidents, des usagers.

La population française reconnait d’ailleurs ce travail, et place haut son attachement à l’hôpital public. Le peu de reconnaissance dont les pouvoirs publics font preuve est d’autant plus cruel.

Cette situation est-elle encore tenable ? Les crises de vocation devraient faire entendre raison. Quand les directeurs se mettent en grève, c’est que quelque chose ne tourne pas rond.

Considération, rémunération, bienveillance, stop à la maltraitance financière et aux fausses bonnes idées. Stop aux objectifs de moyennisation. Nous refusons d’être à la fois remparts et fusibles de l’inconséquence des politiques publiques, qui prônent la diète pour nos établissements.

Enfin, pour les Directeurs de Soins, l’amertume et l’incompréhension se surajoutent à celles de nos collègues DH et D3S et sont au paroxysme.
Amertume et incompréhension au sujet des grilles indiciaires et NBI peu attractives, désespoir par rapport à la démographie du corps extrêmement préoccupante, amertume, car lésés par PPCR. La suppression des avancements d’échelon à durée réduite en application du protocole PPCR (que FO n’a pas signé) allonge mécaniquement la durée des carrières des directeurs de soins (au minimum de 25 %) ce qui est scandaleux s'agissant d'un corps auquel nos collègues accèdent dans le cadre d'une troisième carrière (rappelons que la moyenne d'âge d'entrée dans le corps est de  plus de 47 ans !).

Amertume et désespoir encore, au sujet des limites d’une PFR injuste !

Vieille revendication du CHFO le doublement de la part F pour les DS non logés a finalement été obtenu mais le CHFO ne peut se satisfaire d’une montée en charge sur 4 ans.

Quant à la part résultat, près de 20% des directeurs de soins tous grades et emplois confondus ont atteint le plafond dès 2017.

Voici le ressenti des représentants des 3 corps de direction du CHFO et les actions souhaitées et attendues pour les mandatures CCN et CCT qui s’annoncent.

Le CHFO attend plus que des réponses ; il attend des actes, de la considération et une réelle et profonde volonté du Ministère à agir et reprendre les négociations restées lettre morte. 

 

Les représentants des 3 corps de direction pour le syndicat CHFO