CAPN DS du 5 février 2019 : le CHFO fidèle à sa position de défense du corps des directeurs des soins.

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Ce 5 février 2019 était installée la CAPN des directeurs de soins issue des élections de décembre 2018, les représentants du CHFO sont Christine VERGNES et Alain DUPRE.

Déclaration liminaire du CHFO

Madame la Présidente,

Madame la Directrice Générale

Mesdames, Messieurs, Chers collègues,

Cette CAPN est la première de cette nouvelle mandature. A cette occasion, le CHFO par l’intermédiaire de ces nouveaux représentants souhaite affirmer qu’il continuera à poursuivre sa ligne directive, à savoir : la défense du service public hospitalier et le statut des directeurs de soins.

Chacun le sait et le reconnait, la place et les compétences des Directeurs des soins sont indispensables qu’ils exercent leurs missions dans les établissements, dans les instituts de formation ou dans des activités de conseils auprès des ARS.

Les défis sont nombreux, entre les regroupements voire les fusions d’établissements, le mouvement intégratif des GHT qui s’accentue et à management des structures hospitalières qui dans un fonctionnement économique de plus en plus contraint devient une véritable performance d’adaptabilité pour la profession.

Les directeurs de soins sont de moins en moins nombreux par le biais de ces restructurations hospitalières et de par la tendance lourde de  diminution du nombre de collègues engagées depuis plusieurs années  à bas bruit. Les collègues Directeurs des soins se trouvent pris au piège d’une injonction paradoxale : Mettre en œuvre des projets médico soignants ambitieux, alors qu’ils sont :

  • D’une part, dans l’impossibilité, de par l’ampleur de leurs missions, d’’accompagner les équipes dans ces bouleversements organisationnels ;
  • Et d’autre part, soumis à un objectif de diminuer toujours et toujours les effectifs soignants sans forcément disposer de tous les outils et soutiens pour trouver des alternatives acceptables pour les équipes.

Cette politique génère au niveau des services de soins de l’incompréhension et de la perte de sens du soin et du travail collectif. Elle conduit au burn-out, à l’absentéisme, aux conflits interpersonnels.Tous ces effets reviennent en boomerang vers les équipes de Directions et plus particulièrement, vers les Directeurs de soins.

Sur le versant Formation des professionnels paramédicaux, les directeurs de soins des instituts de formation sont quant à eux exposés à une autre marche forcée, l’obligation de mettre en place en l’espace de quelques mois, avec des équipes peu nombreuses au regard de la charge de travail,

  • Le service sanitaire ;
  • Parcoursup ;
  • Les modalités d’un nouveau concours pour les personnes en formation professionnelle ;
  • L’universitarisation des instituts dans le cadre de groupes de travail conduits sous l’égide de l’université.

Toutes ces contraintes expliquent en grande partie, la crise de vocation et le manque d’attractivité pour le corps professionnel des directeurs de soins. Les cadres supérieurs et les cadres de santé ne voient plus dans cette évolution professionnelle une possibilité d’exprimer leurs compétences et ne nourrissent qu’avec courage ce type de projet professionnel, sans parler des conditions de vie à l’école, qui bien souvent leur demandent des efforts importants et notamment financiers.

Ce point sera un des points majeurs de notre mandat. Dans un environnement complexe, mouvant et incertain, nous serons vigilants à ce que les conditions de travail et d’exercice professionnel des Directeurs de soins s’améliorent. De même, nous n’accepterons pas que le nombre de postes de Directeurs de soins continue à diminuer alors qu’ils ont une place centrale dans toutes les réorganisations hospitalières, tant dans les choix stratégiques à faire que l’accompagnement à réaliser. Le CHFO réclame à ce sujet un cadre de discussion très concret et opérationnel avec le ministère dès 2019 pour organiser le recensement des postes non pourvus par des Directeurs des soins et pour mettre en place à l’échelle du pays des dispositifs d’accompagnement des trajectoires professionnelles permettant d’avoir, là où il le faut, des Directeurs des Soins. Le CHFO réitère sa demande d’amélioration significative de l’attractivité du corps. De ce point de vue les espaces indiciaires et indemnitaires sont à revoir, ne serait-ce que pour gommer les effets néfastes de PPCR, que nous avons toujours dénoncés.

En conclusion, le CH-FO continuera à revendiquer le maintien des postes de Directeurs de soins en nombre suffisant et défendra les conditions de travail et le statut considérant que  cela participe à la sauvegarde du service public.

Défendre le service public, c’est exiger les moyens lui permettant au travers de tout son personnel, (administratif, technique, médical et paramédical) d’assurer ses missions d’accueil, de soins, d’hébergement, de formation et de recherche indispensables pour préserver la solidarité, l’entre-aide essentielle dans toute société démocratique.

Le CHFO s’inscrit ici dans les valeurs qu’il a toujours défendues : l’équité, le respect, l’humanité dans l’accompagnement, la transparence dans les décisions.

Pour le CH-FO, Les représentants à la CAPN des Directeurs des soins,

Christine VERGNES & Alain DUPRE,

Résultats de la CAPN

Mouvements des directeurs de soins

Tableau complémentaire à la hors classe 2019