CAPN D3S du 24 MARS 2020 : urgence aujourd'hui, urgences demain

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Malgré les circonstances exceptionnelles, le CNG et les organisations syndicales représentatives se sont entendus et organisés pour tenir la CAPN programmée ce mardi 24 mars 2020. Il s'agissait d 'examiner les situations individuelles pour lesquelles un retard aurait été dommageable pour les collègues. L'ordre du jour a donc été limité, avec l'examen de décisions de titularisation, d'un complément au tableau d'avancement 2020 à la Hors classe, ainsi que de 3 situations de recherche d'affectation. L'examen des recours sur évaluation a été différé car il aurait été difficile en conférence à distance. Vous trouverez ci-dessous la déclaration du CHFO et les résultats de la séance.

La Déclaration liminaire des représentants CHFO

 

Madame la directrice générale, chers collègues,

Cette Commission Administrative Paritaire Nationale, pour des raisons impérieuses de confinement dû à la pandémie de corona virus, se tient dans des conditions matérielles particulières : en effet c'est par le truchement d'une conférence téléphonique que les avis et débats peuvent se dérouler.

Le CHFO remercie à cette occasion et salue les efforts déployés par le CNG pour que cette séance ait pu avoir lieu afin que les collègues soient le moins pénalisés possible compte tenu des circonstances.

Mais plus généralement, le CHFO tient également à saluer l'ensemble des fonctionnaires hospitaliers sociaux et médico-sociaux qui se dévouent dans cette gestion de crise sanitaire sans précédent, qu'il s'agisse de la prise en charge des malades ou de l’accompagnement des personnes en situation de handicap, des personnes âgées ou en situation de précarité.

Sans que cela soit une surprise pour nous, ils ont à cœur de mettre en œuvre et de porter leurs valeurs professionnelles, au premier rang desquelles celui de la continuité de service dans les hôpitaux, les EHPAD, les foyers et établissements ainsi que dans les services de soins à domicile.

A cet égard, le CHFO relève avec intérêt les propos du Président de la République et du Premier Ministre leur rendant un hommage appuyé lors de leurs différentes interventions télévisées. Nous saurons les rappeler en temps utile.

Disons d'ores et déjà que nous saurons aussi tirer les enseignements et conclusions de cette crise majeure, inédite à plusieurs titres : par ses implications brutales sur le système de santé, par la situation de faiblesse et de pénurie qui prévalait dans nos établissements avant même son surgissement, et enfin par son impact global sur notre vie économique et sociale.

L’invitation à changer de modèle est un impératif.

Il faudra bien remédier aux manques que plus personne ne conteste, qu’il s’agisse des personnels qualifiés ou des équipements.

A commencer par les EHPAD, confrontés en premier lieu à une pénurie de moyens de protection individuelle pour les personnels.

Le bouleversement du paysage hospitalier et médico-social auquel nous sommes confrontés montre les limites de l'exercice lorsque, comme aujourd'hui, on sur-sollicite des établissements déjà en tension.

Les personnels de direction de ces mêmes établissements ont toujours été conscients des grandes responsabilités qui sont les leurs, ils y font face avec le courage et la détermination qui leur sont coutumiers.

Si l’heure est à la mobilisation générale, nous entendons conserver notre rôle de syndicat indépendant, élément de la démocratie, et au service des cadres du service public. Nous sommes particulièrement attentifs aux conditions de protection de tous les professionnels de nos établissements, car c’est le rôle d’un syndicat et c’est aussi dans notre cas une condition de la continuité du service.

Epreuve collective et sociale, l’état d’urgence sanitaire est aussi une épreuve individuelle pour chaque cadre du service public hospitalier et médicosocial.

Le niveau de pression, l’intensité des contradictions, la durée de la crise, tout cela constitue un contexte d’exposition majeure aux risques psychosociaux pour nous tous. Le CHFO est bien sûr à la disposition de tous les cadres qui souhaitent écoute et conseil dans cette circonstance. Mais il attire aussi l’attention des ARS et du CNG sur les risques encourus ; il appelle aussi ce dernier à mettre rapidement en place le dispositif d’écoute et de signalement que nous avons défendu dans le cadre de la commission des conditions de travail.

Toutes les expériences et observations du moment sont aussi des contributions pour l’indispensable rebond car comme cela a été dit : il y aura un avant et un après Covid-19 pour l’organisation du système de Santé en France.

Les difficultés économiques et sociales inéluctables qui vont suivre ne devront pas occulter la nécessité d’une réponse à la hauteur des enjeux et elle est multidimensionnelle : équipements, capacités d’accueil, effectifs, conditions de travail, formation, rémunérations, carrières. Il faut restaurer l’attractivité de nos établissements et métiers. Il faut en fait retrouver les fondamentaux du service public, qui ne sont pas des freins à sa performance, mais au contraire les conditions de celle-ci. 

Pour notre part, et sans verser dans un optimisme béat, nous voulons voir dans le report des réformes du chômage et du système de retraite un signe encourageant pour les suites qui seront données lors de la sortie de crise que, tous, nous espérons proche.

Gilles CALVET Pascal MARTIN
Elus CHFO à la CAPN D3S

Consultez les résultats :

Titularisations dans le corps

Tableau d'avancement complémentaire à la hors classe pour 2020