L’accompagnement des collègues en détachement

La mobilité est une question essentielle dans nos carrières de directeurs, et est présentée comme un objectif à atteindre. Cette mobilité peut être géographique, fonctionnelle mais aussi concerner l’exercice d’un métier différent. De nombreux collègues exercent aujourd’hui au sein de structures diversifiées (agences régionales de santé, cour des comptes et chambres régionales des comptes, tribunaux administratifs, ministères, conseils régionaux et départementaux, fédérations ou associations hospitalières…).

On peut lire dans le guide sur les outils de la mobilité du ministère de la fonction publique de 2016 : « Faciliter la mobilité est un enjeu pour l’administration qui doit faire face aux réorganisations de ses services et à l’évolution de ses missions tout en recherchant l’allocation optimale de ses ressources. La mobilité est, pour l’agent, le moyen de préserver son employabilité, en lui permettant de changer de métier, d’employeur ou de résidence ; elle est aussi le vecteur de motivation et d’enrichissement de son parcours professionnel et de valorisation de ses compétences ».

La DGAFP développe régulièrement de nouveaux outils pour les agents afin de les aider à piloter leur parcours professionnel. Le guide de 2020 s’intitule “Agir pour son projet de mobilité professionnelle“.

Les chiffres de la mobilité professionnelle

Selon les données du CNG, sur les 2 936 DH recensés au 1er janvier 2019, 345 étaient en position de détachement, soit 11,6% du corps (dont 49 détachés en ARS). La mobilité inter-fonctions publiques permet l’accès des DH non seulement à des organismes très variés (Cour des comptes, préfectures, universités, mairies, ambassades, collectivités territoriales…) mais également à des fonctions variées (directeur général d’ARS, délégué territorial, sous-préfet, directeur de parc zoologique, enseignant-chercheur ou encore magistrat). Les sorties définitives du corps par radiation puis intégration dans un nouveau corps ne sont pas pour autant nombreuses, en moyenne 9 par an (95 sur une période de 10 années de 2010 à 2019).

Sur les 1 707 D3S recensés au 1er janvier 2020, 228 étaient en position de détachement, soit 13,4% du corps (dont 125 détachés dans le corps des DH). La mobilité inter-fonctions publiques permet l’accès pour les D3S à des métiers ou fonctions variées. Non seulement les organismes peuvent être très variés (Cour des comptes, Agences régionales de Santé, Collectivités territoriales…) mais les fonctions exercées également. Ainsi, certains exercent en tant que magistrat, délégué régional, chargé de mission, directeur de la petite enfance en mairie, conseiller en chambre régionale des comptes ou encore, en tant que professeur des écoles.

Les sorties définitives du corps par radiation puis intégration dans un nouveau corps ne cessent de croitre, en moyenne sur 10 ans plus de 30 par an, et s’établissent à plus de 50 depuis 2016 (327 sur une période de 10 années de 2010 à 2019, dont 309 au sein du corps des DH).

Prendre en compte la mobilité dans la gestion des carrières

Le détachement en dehors du corps soulève de nombreuses interrogations auprès des collègues qui envisagent de diversifier leur parcours. Se pose la question également du devenir au terme du détachement. Les questions individuelles nécessitent d’autant plus de réponse syndicale que le collègue détaché s’est éloigné de la réalité de sa profession.

Selon les pouvoirs publics une meilleure prise en compte des mobilités dans la gestion des carrières permet d’enrichir les cultures professionnelles des agents.

Une nécessité qui, dans les faits, se heurte à des résistances dont on ne sait pas trop si elles sont culturelles ou seulement liées au fonctionnement et à la mécanique administrative. Alors que la mobilité nous est présentée tout au long de notre carrière comme un nouveau devoir social, elle ne permet pas pour autant de valoriser les parcours diversifiés et les talents de chacun.

Aucun accompagnement aux retours de mobilité n’est prévu, le dispositif de recherche d’affectation ne s’applique pas aux collègues détachés nouvellement entrants, contrairement à la fonction publique territoriale. Les chefs d’établissement peuvent être réticents à recruter un directeur qui est parti pendant quelques années apprendre un nouveau métier, et diversifier ainsi son expérience professionnelle. Une suspicion de pertes de compétence voire de manque de sérieux pèse sur le malheureux directeur qui souhaiterait exercer à nouveau son métier. Et c’est sans parler d’une volonté de candidater à un poste de chef d’établissement ! Un tel désir friserait l’indécence !

Ces dernières années, grand nombre de collègues détachés se sont retrouvés sacrifiés pendant leur période de détachement, mais aussi à leur retour, en raison des différentes réformes. Ils ont été confrontés à de grandes difficultés pour retrouver un poste, y compris dans un centre hospitalier. Certains ont été même placés en disponibilité d’office, faute d’avoir pu retrouver dans un délai contraint, un point de chute.

Il n’est pas admissible de tenir un discours au plus haut niveau de l’État sur les nécessaires mobilités, et n’avoir prévu aucun accompagnement, ni valorisation des retours de ces mêmes mobilités pour les directeurs.

Le CHFO peut vous accompagner

En tant qu’organisation syndicale de cadres, le CHFO est sollicité pour accompagner ceux qui reviennent de mobilité. Il est également sollicité à titre de conseil sur des souhaits de mobilité professionnelle.

Le CHFO est présent auprès des directeurs détachés pour valoriser leur parcours professionnel, défendre les situations individuelles mais aussi conquérir de nouvelles avancées collectives en termes d’accompagnement à la mobilité, d’accompagnement au retour de mobilité avec un statut autrement plus protecteur qu’il ne l’est aujourd’hui.

C’est la raison pour laquelle le CHFO a décidé de mettre en œuvre une mission d’accompagnement des collègues en détachement.

Le CHFO veille particulièrement aux conditions dans lesquelles nos collègues auront été mis en difficulté, soit avant la période de détachement, soit pendant, soit à leur retour de mobilité.

Isabelle ARNAL-CAPDEVIELLE,  chargée de mission national « Accompagnement des collègues en détachement »

Actuellement directeur d’hôpital au CHU de Nîmes, elle a occupé des fonctions diverses et variées : directrice adjointe en CHU et en CH pendant 16 années, puis magistrat financier pendant 6 ans et ou encore directrice chargée de missions en ARS.

Isabelle ARNAL-CAPDEVIELLE a expérimenté les difficultés liées à une mobilité hors la FPH. Ses conseils en amont et en fin de détachement seront précieux. Au-delà, elle accompagnera dans leurs démarches tous collègues qui le souhaitent.

Nous avons demandé à Isabelle de nous faire part librement de son appréciation des difficultés qu’ont à vivre les collègues détachés.