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Ce nâest pas le modĂšle d’un fleuron français de l’automobile, ni un nouveau modĂšle de pantalon en toile DENIM.
Non, ce nombre correspond Ă la baisse cumulĂ©e des effectifs des 3 corps de direction en 10 ans. Autrement dit un modĂšle trĂšs slimâŠ
Câest une vĂ©ritĂ© Ă rappeler, et Ă commenter, Ă l’aune du discours savamment entretenu par certains personnages politiques en mal d’idĂ©es. Comment en effet ne pas faire le parallĂšle avec le discours ambiant sur la suradministration des Ă©tablissements ? Comment ne pas s’insurger, en regardant ces chiffres Ă©loquents, alors que beaucoup dĂ©noncent une bureaucratie hospitaliĂšre, supposĂ©ment entretenue par les directions ? Cette petite musique qui a toutes les allures d’une grosse fanfare dĂ©magogique, nous parait d’autant plus insupportable aprĂšs plus de 20 mois de crise sanitaire.
La crise de la ressource humaine dans nos Ă©tablissements est Ă la une chaque jour, elle est emblĂ©matique de la crise sociale du pays, et plus largement dâune crise sociĂ©tale, osons le dire, car elle interroge sur la clairvoyance de lâaction publique, et sur le sens du mieux vivre ensemble.
-13,1% en 10 ans, nul ne pourra soutenir que câest pure passivitĂ© ou imprĂ©vision.
Câest bien une politique destructrice persĂ©vĂ©rante mais non assumĂ©e, qui a Ă©tĂ© mise en Ćuvre au long cours.
Elle constitue une transposition de lâesprit malthusien qui pĂšse sur le champ sanitaire et social français depuis des gĂ©nĂ©rations ; elle correspond en mĂȘme temps Ă une illustration symbolique du toujours plus avec toujours moins.
En plein rebond de la crise sanitaire, le résultat de cette longue dégradation est encore plus visible, multipliant les expressions de lassitude et de retrait chez les professionnels de nos établissements, y compris chez les cadres.
Alors, est-ce que le « monde dâaprĂšs », encore en gestation, va mettre fin Ă lâĂšre « COPERMISTE » ?
Câest en tous cas lâespoir de nombre de nos jeunes collĂšgues qui dĂ©noncent les conditions de travail bien peu exemplaires qui rĂšgnent de la base au sommet de nos Ă©tablissements.
Câest lâobjectif du CHFO quand il demande avec insistance que lâon affiche explicitement la stratĂ©gie pluriannuelle des ressources humaines de direction, Ă travers cette Ligne Directrice de Gestion en perpĂ©tuelle prĂ©paration.
Le diagnostic prĂ©sentĂ© par le CNG lors de la commission de conditions de travail du mois de novembre Ă©tait lui-mĂȘme Ă©loquent :
Pour les DHÂ :
« Le nombre de postes en établissement restant à pourvoir à chaque publication est important » ;
« Le nombre de départs à la retraite ne décroßt pas aussi vite que prévu » ;
Et cette conclusion interrogative : « le corps est-il bien dimensionné ? »
Pour les D3SÂ :
« De nombreux dĂ©parts par le biais de dĂ©tachements et dâintĂ©grations dans le corps des DH, ce qui transforme pour partie le corps de D3S en corps de passage »
« Une proportion importante de postes non pourvus aprÚs publication, y compris sur les postes de chefferie. »
Pour les DSÂ :
« Le corps des DS nâarrive pas Ă se renouveler de maniĂšre optimale compte tenu des postes qui restent non pourvus Ă lâissue des concours »
« Un fort recours aux faisant fonction dans les établissements »
Il est donc urgent et indispensable de mettre fin à cette politique de réduction de nos emplois, et surtout se donner les moyens de pourvoir les emplois disponibles, et donc former plus de collÚgues.
Ce sera le sens de notre prise de position dans le débat sur les places à ouvrir au concours.
Et si lâon nous objecte la question de lâattractivitĂ© des concours, nous signalerons quâelle doit trouver des traductions concrĂštes. Pour le CHFO la volontĂ© de recruter les meilleurs ne saurait s’assimiler au culte de la raretĂ©.
Un premier pas vient dâĂȘtre fait avec la revalorisation du rĂ©gime indemnitaire des Ă©lĂšves DH et D3S ; il faut emboĂźter le pas pour les DS et amĂ©nager les conditions dâaccĂšs au corps et Ă la formation.
Par ailleurs, la promotion des mĂ©tiers est Ă nouveau engagĂ©e, elle doit ĂȘtre prolongĂ©e et mieux mettre en valeur la notion de responsabilitĂ© pour contrecarrer le directeur bashing ambiant qui peut conduire aux menaces ou intimidations, inacceptables, à l’instar notamment de ce que vivent nos collĂšgues des DROM COM.
Notre environnement bouge que ce soit dans l’encadrement supĂ©rieur de la fonction publique d’Etat ou dans notre secteur avec la perspective de l’extension de la notion de service public au champ mĂ©dico-social. Le cĆur du sujet sera bien sĂ»r celui des statuts, les revalorisations sont urgentes pour les 3 corps, solidaires pour lâavenir de nos Ă©tablissements.