Comité de sélection D3S du 25 juin 2020 : le CHFO porte votre parole

CAPD3S
Publié le 25/06/2020Mis à jour le 25/06/2020
En préambule de ce comité de sélection D3S, les trois organisations syndicales ont tenu à rappeler, dans une déclaration commune, leur position quant aux conséquences de la dernière réforme de la fonction publique et notamment le déficit grave de dialogue social qu'elle induit . Pour le reste le CHFO a insisté sur le rôle et la responsabilité assurée sans défaillance par les collègues dans un contexte où les tutelles n'ont pas été toujours aussi aidantes qu'il aurait fallu, qu'elles auraient dû, malgré les injonctions paradoxales et les pressions multiples, les carences et les manques qu'ils a fallu compenser et gérer.

Trouvez ci-après la teneur de nos interventions puis un compte-rendu succinct de la séance :

La déclaration commune :

"Avant de débuter la lecture de nos déclarations liminaires respectives, nous souhaitons rappeler que les trois syndicats représentatifs des corps de directions ont dénoncé dans une déclaration commune le 11 juin dernier la publication imminente du décret supprimant les comités de sélection.

Nous tenons à réaffirmer nos positions alors que la remise en cause du droit actuel sonne comme un désaveu des compétences et de l’engagement professionnel des responsables de l’ensemble du champ de la FPH, qui assument leurs responsabilités par un management de plus en plus complexe et que la crise que nous traversons a mis au grand jour !

Cette déclaration commune, avec le dossier complet de nos actions communes menées depuis l’annonce de ce projet, a été remise aux animateurs du « Ségur de la santé » le 18 juin, pour demander le maintien des modalités actuelles de gestion de l’accès aux emplois de direction et la modification en conséquence du projet de décret emplois supérieurs. "

 

La déclaration du CHFO  : 

"Madame la Directrice générale, chers collègues,

Depuis des années nous essayons, toutes organisations syndicales confondues, de relayer et transmettre les témoignages des difficultés majeures dans lesquelles les directrices et directeurs d’établissement médico-social se débattent et attirons l'attention du ministère sur celles-ci.

Alors, plutôt que de faire une énième narration, le plus simple - et le plus éclairant - est de vous donner lecture d‘une lettre qu’une adhérente a envoyée il y a quelques jours au CHFO.

Nous vous la livrons telle quelle, sans en modifier une virgule :

« Il devait y avoir un avant et un après canicule. Hélas, cela ne s'est pas traduit par des moyens supplémentaires mais par une plus grande pression encore de nos "tutelles" (car ils se comportent quand même vraiment comme ça, aussi bien les ARS que les CD) dès le mois de juin!

Certes, ils ont donné des crédits pour investir dans les climatisations (mais pas dans la maintenance qui doit suivre tous les ans !) et si on nous a parlé de financer des personnels supplémentaires pour l'été, il n'en a été question que pendant 2 ans et depuis : organisez-vous tout seuls, comme d'habitude. Mais surtout ils n'oublient pas de nous envoyer toutes leurs sacro-saintes recommandations au cas où nos soignants ne connaitraient pas leur métier, et demandant à signaler tout décès dû à la canicule ! 

Alors je n'attends rien après cet épisode ! Toujours les discours d'un côté et l'absence d'actes de l'autre ! Si la situation financière des établissements est mauvaise, c'est la faute du gestionnaire, jamais du financeur qui encadre les dotations selon les règles qu'il fixe lui-même ! C'est même le financeur qui valide le GMPS qui sert à la fixation du montant des dotations !

Un jeu pervers, où même si l'augmentation du GMPS est validée (et surtout, tout est fait pour l'évaluer au minimum, vu que l'ARS et le CD sont juges et parties), les moyens arrivent en N+2 (selon date de validation) et sur 3 ans !!!!

Exemple : Validation décembre 2018. Premier versement augmentation dotation soins en 2020 (1er tiers) !! Mais la surcharge de travail elle, est présente depuis avant la validation !

Et d'entendre partout, et par nos gouvernants en premier, qu'il manque de personnel dans les EHPAD !! Cela me hérisse. Je ne le supporte plus! Je ne sais plus si c'est de l'hypocrisie ou du cynisme !

Car en fait, si on veut des moyens, il faut augmenter le GMPS. Donc gros impact sur la charge de travail des agents donc sur l'absentéisme, et sur la qualité de l'accompagnement des résidents !

Mais pour nous demander de travailler sur la QVT et les réorganisations, alors là, ils sont champions !! Et ils payent des organismes pour nous aider à réfléchir sur la QVT sans moyens nouveaux !!! Cherchez l'erreur !

Autant vous dire que j'ai de la peine à être crédible face aux équipes. Et pourtant, je peux dire qu'elles sont sympas ! Et si pour le moment, on a un bon climat social dans les établissements, ça relève du miracle !!

Quand on leur dit que l'on n'a pas les moyens de financer les salaires sur la base des effectifs pourtant accordés du temps des conventions tripartites et que l'EPRD a fini de plomber nos finances, l'ARS et le CD n'ont de cesse de répondre que le tableau des effectifs n'est plus opposable et qu'il ne faut plus y faire référence.

Pourtant, c'était quand même un effectif qu'ils avaient validé comme étant nécessaire au fonctionnement de l'établissement et dès lors, pourquoi ne le serait-il plus maintenant ? Au surplus, pourquoi continuer à nous faire compléter les annexes de l'ERRD ou EPRD sur la répartition des effectifs et des salaires par catégorie de personnel ? Qu'ils nous lâchent sur le sujet !!

Mais nous ne sommes pas à une contradiction près.

Donc l'effectif n'est plus opposable et on doit organiser le travail et les accompagnements en fonction des financements alloués. Comme ils n'augmentent pas en fonction des revalorisations des personnels et du coût de la vie, comment faire sans toucher aux effectifs (70% des dépenses) ?

Parce que, bien sûr, il faut maintenir, voire augmenter, la qualité de service proposé !

Quand je discute avec certains collègues, les plus âgés n'aspirent qu'à partir à la retraite, et les plus jeunes cherchent à quitter le métier. J'imagine qu'il y en a certains qui sont encore contents de faire leur travail. Pour ma part, j'en ai vraiment ma claque !! Et pas à cause de la situation actuelle, car les équipes sont vraiment formidables .

La crise sanitaire a encore montré combien on ne peut pas compter sur l’ARS ! Il y en a assez des allocutions des politiques qui ne sont pas du tout en concordance avec les mémos qui sortent ensuite !! La frustration et la colère des familles ainsi créées, nous sommes seuls pour la gérer !!!

L'ARS ne manque pas une occasion de nous dire qu'elle nous soutient et qu'elle est en appui ! Mais qu'elle cesse de dire cela, c'est insulter notre intelligence !

Car dès qu'une famille se plaint, nous avons un coup de fil (y compris pendant les vacances ou un courriel) qui nous demande des comptes. L'ARS prend parti pour la famille. Evidemment ce sont les plus exaspérantes (ce n’était pas exactement le terme utilisé, mais le sens est toujours là) et il ne faut pas faire de vagues !! Et du coup, le directeur a tort ! Alors qu'il est écrit en gras dans les mémos que le directeur fixe sa politique. Et je peux dire que, ici, nous suivons vraiment les mémos en lien avec nos moyens !!!

Les injonctions paradoxales vont nous achever ! Les cadres sont vraiment maltraités et encore plus en ce moment ! Je crois vraiment que je ne suis pas la seule à le ressentir. On veut bien prendre nos responsabilités mais nous en avons assez d'être des boucs émissaires pour des personnes qui n'ont aucun courage !

Je pense vraiment que je dois trouver un moyen de m'échapper de ce métier avant d'en tomber malade..."

Cette lettre résume tout le malaise, le mal être, l’impression d’être piégé dans et par un système pervers qui nie la réalité des faits, qui maltraite les équipes et qui trouve le moyen d’ajouter l’injure à la blessure…

En ces temps de "concertation Ségur" et de Loi organique devant instaurer la cinquième branche autonomie, le CH-FO réclame plus fort que jamais :

- la revalorisation des moyens pour les établissements qui sont sous notre responsabilité ;
- le desserrement de l’étau des reportings multiples exigés par nos tutelles qui mobilisent trop de temps pour un rendement et une utilté très discutables En effet, la crise a démontré que ce qui a bien fonctionné c’est la proximité et que ce qui a été en échec c’est l’organisation trop étatique des réponses (lourdeur, lenteur et inadaptation) ;
- la revalorisation des carrières des cadres de direction de la FPH, à commencer par ceux qui sont régulièrement oubliés depuis 11 ans ;
- la possibilité de perspectives professionnelles et statutaires ;
- la concrétisation des engagements qui avaient été pris et qu'inlassablement nous rappelons année après année.

Ce sont seuls ces éléments qui seront de nature à enrayer une désespérance palpable et qui s’amplifie chaque jour davantage.

Les chiffres des candidatures, qu'ils soient ceux des inscriptions au concours ou, très immédiatement, ceux des postulations que nous examinons ce jour, sont là pour l'attester.

C'est plus qu'un vœu que nous formons : ce sont des revendications, et des revendications qu'il convient d'examiner et discuter de façon urgente.

Notamment parce que, contrairement à ce que laissent entendre les raccourcis trop commodes utilisés par les médias, il n'y pas que les soignants qui sont en première ligne lors des crises, qu'elles soient COVID ou autre, les directeurs y prennent plus que leur part.

Le cri de désespoir de la collègue est, vous l'avez bien perçu, aussi teinté de rage : elle continue malgré tout de croire en son métier, elle poursuit parce qu'elle se sent, parce qu'elle est, responsable de ses équipes.

La seule inconnue dans cette équation infernale est de savoir combien de temps encore sera-t-elle en capacité de le faire ?

Cette question, les pouvoirs publics seraient bien inspirés de se la poser dès maintenant.

De la même façon, ils seraient également bien inspirés de revenir sur les réformes induites par la loi de transformation de la fonction publique. La disparition des comités de sélection, l’organisation de l’évaporation de l’idée de dialogue social semblent ressortir de l’aphorisme « je n’ai plus de fièvre depuis que j’ai cassé mon thermomètre » ! Vouloir ainsi délibérément se rendre sourd et aveugle à toute la profession de directeurs de la fonction publique hospitalière ne saurait être le signe d’une méthode moderne, efficace et respectueuse de gestion de tout un secteur essentiel au fonctionnement de notre pays.

Assurément, les hospitaliers méritent mieux, les directeurs méritent mieux que cette caporalisation qui ne satisfait que ceux qui n’appréhendent le médico-social et le sanitaire que par le prisme de la bureaucratie et de la déconstruction du statut de la fonction publique."

La réponse du CNG :

Mme Parier, en réponse, a rappelé que le CNG se doit de s'inscrire dans le cadre de la Loi mais que son souci est de préserver ce qui a été construit au fil des années, elle renouvelle ses remerciements de façon appuyée pour la gestion de la crise et spécifiquement les D3S qui très souvent étaient bien seuls  et a rappelé l'engagement du CNG lors de cet épisode notamment sur les actions d'appui.

La concertation "Ségur" devrait, selon elle, permettre de dégager une feuille de route laquelle ne peut pas faire l'impasse sur plusieurs aspects : le  manque d'attractivité, l'architecture du corps, la problématique de la fusion, mais aussi le cadre de discussion du COP du CNG ce qui doit conduire à une meilleure GPMC pour les D3S.

L'examen des candidatures par le comité de sélection :

79 postes étaient proposés dans les deux publications de février et mai. Au total, 165 candidatures ont été déposées par 116 candidats, dont 83 D3S, 12 DH, 2 autres fonctionnaires, et 19 non-fonctionnaires. A l'issue des examens des candidatures 19 republications sont à prévoir,  Il s'agit des établissements suivants :

CH de Barentin, EHPAD de St Riquier, EHPAD Fondation Gastaldy à Menton, EHPAD Maurs, Foyer de vie de Ligneyrac, EHPAD de Bourg les Valence, Bazouges la Pérouse, La Membrolle/Choizille, Dordives, Pont du Casse, FDE Chalons en C, Etain, Fenetrange, La Feuillie & Buchy, MDE Niort, Ancy le Franc, CEFP Benerville, Cité de l'enfance Colmar, Ballon Ste-Jamme/Sarthe.