PUISQU'IL FAUT REDIRE LES CHOSES : Instance collégiale D3S du 5 février 2020

Version imprimable
L’instance collégiale – qui remplace désormais le comité de sélection - qui s’est tenue ce 5 février avait pour ordre du jour l’établissement des « short lists » pour les chefferies d’établissement parues au JO du 6 octobre 2020. Elle a été l’occasion également de prononcer une déclaration dont vous trouverez la teneur ci-après :

La déclaration des représentants CHFO :

Que pouvons-nous dire que nous n’avons pas déjà dit, que pouvons-nous dire que nous n’avons pas déjà rappelé, que pouvons-nous dire sur ce sur quoi nous avons déjà alerté ?

Le CHFO depuis des années n’a cessé d’interpeller les pouvoirs publics sur ce que les D3S ont à subir de pressions de toutes parts alliées aux attentes déçues et aux engagements non tenus.

La montée des mises en cause des directrices et directeurs d’établissement :

Ainsi que le rapportent les media mais aussi plusieurs acteurs de terrain – dont le Synerpa ou l’ADPA – les menaces de contentieux mettant en cause personnellement les directeurs d’EHPAD fleurissent.

Même si, comme on peut raisonnablement le supposer, ces actions en justice seront reléguées là d’où elles n’auraient jamais dû sortir, il n’empêche qu’elles auront pour effet immédiat de mobiliser du temps et de l’énergie au moment même où les établissements et leur direction en manquent pour faire face à la crise et sa troisième vague.

E pericoloso …

Ceci est d’autant plus démoralisant et exaspérant que les injonctions paradoxales, reflets des erreurs, errements et hésitations des pouvoirs publics en matière de gestion de crise et de campagne vaccinale, fleurissent croissent et embellissent !

Nous avons à gérer des équipes épuisées et très exposées à la fois au virus mais aussi aux charges émotionnelles ou bien encore aux humeurs mauvaises des familles …

Mais des équipes très inquiètes aussi pour leur entourage familial immédiat et à qui nous ne pouvons à l’heure actuelle pas proposer de vaccins dès lors qu’elles n’entrent pas dans les critères d’âge…

De sorte que ce que nous avons à redouter avec de nouveaux variants plus contagieux et plus virulents c’est une multiplication d’arrêts maladie et notamment une multiplication d’arrêts pour enfant malade…

Vacciner et protéger nos agents non seulement relève de notre responsabilité d’employeur mais relève aussi de notre responsabilité de garantir la pérennité de la mission dévolue à l’institution que nous dirigeons.

Bien avant la crise COVID nous avions attiré l’attention sur les ratios d’effectifs trop faibles dans les établissements

Alors, quand les pouvoirs publics évoquent : « (les) difficultés que vont rencontrer les établissements de la fonction publique hospitalière face à la recrudescence de l’épidémie du virus covid-19, notamment en matière de mobilisation des personnels dans les prochaines semaines », on ne peut que redouter le manque de « réserve » en termes de ressources humaines pour les établissements médico-sociaux qui sont comme chacun le sait dans un état particulièrement préoccupant : s’y pencher donne le vertige.

D’où ce rappel de prudence ferroviaire adaptée : « E pericoloso non sporgersi… » !

Et d’où ce rappel de l’urgence à  traiter aussi bien du volume des ressources que de l’attractivité des métiers du médico-social.

Ne pas laisser passer l’opportunité des discussions du « Ségur » :

Très spécifiquement cela se vérifie aussi pour les personnels de direction.

Les baisses d’effectifs de directeurs D3S, qu’elles soient générées par un manque de candidatures au concours d’entrée ou par le jeu des détachements dans d’autres corps, les postes régulièrement vacants sont autant de signes particulièrement inquiétants sur le devenir de la profession mais aussi sur celui des structures médico-sociales.

Cela est sans aucun doute le reflet du manque de reconnaissance dont ils bénéficient et qui est la conséquence du manque de considération et de respect dû ces professionnels. A titre d'illustration on rappellera que de nombreux directeurs n'ont pas eu droit à "un petit geste sur leur PFR, qui aurait pu prendre la forme d'un "versement exceptionnel". L'argument invoqué par les ARS étant qu'ils ont déjà bénéficié de la prime COVID. Comment ne pas voir là une expression de mesquinerie à leur endroit?

C'est pourquoi le CHFO le redit : la revalorisation des carrières et rémunération pour nos collègues DS étant inscrite à l’ordre du jour il serait judicieux – pour ne pas dire impératif – que cela également soit le cas pour les D3S !

Entre la loi qui ne vient pas et celle qu’on n’attendait pas :

La loi grand âge/handicap/autonomie qui pourtant avait fait l’objet et d’annonces et de missions nombreuses et variées est donc remise à une date ultérieure. Nous devrions être habitués à cela, tant le report sur le sujet a été pratiqué avec constance et régularité depuis plus de 10 ans maintenant !

Pour autant, les lignes directrices du plan d’investissement médico-social qui sert de substrat à la « cinquième branche autonomie » nous laissent très dubitatifs quant au financement et à la gouvernance de celle-ci.

Parallèlement la loi dite « 4D » a pour prémices le rattachement des directeurs d’IDEF à la FPT. Le CHFO n’y est a priori pas favorable.

Il l’est d’autant moins que cela peut constituer un précédent qui pourrait aboutir à faire « basculer » l’ensemble du médico-social dans la « Territoriale », perspective à laquelle nous sommes fortement opposés !

Les sujets ne manquent pas, les chantiers à ouvrir sont connus, les solutions également et les « vecteurs » sont là : il ne tient qu’aux pouvoirs publics de saisir la balle qui est dans leur camp !