Point d'actualité à l'intention des adhérents le 25 avril 2020

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Le CHFO agit pour la protection et la reconnaissance des cadres hospitaliers du service public

Bref résumé d'une semaine aussi riche en rebondissements que les précédentes :

Dès lundi, vous avez été nombreux à alerter sur les risques liés à l'annonce le dimanche soir par le Premier ministre et le ministre VERAN du "rétablissement du droit de visite des familles" dans les EHPAD et EMS dès ce 20 avril. Nous avons aussitôt interpelé le ministère ; la cellule de crise de la DGCS nous a répondu le soir même qu'ils "précisaient" la communication à travers un nouveau protocole et un communiqué qui demandait aux directeurs d'organiser les visites quand les établissements sont prêts (cf. notre newsletter sur le sujet).

La CAPN DH s'est tenue en audioconférence le mardi 21 avril ; nous y avons exprimé nos 3 priorités du moment : assurer la protection des cadres hospitaliers, obtenir la reconnaissance des cadres hospitaliers, garantir la concertation sur le nouveau modèle indispensable. La CAPN a examiné le tableau d'avancement 2020 à la classe exceptionnelle ; si nous avons réussi à augmenter sensiblement les propositions au titre du Vivier III par rapport à la version initiale du CNG, nous avons souligné que nous sommes loin du compte ; la vision du CNG est vraiment malthusienne ; après 6 tableaux d'avancement, nous sommes à peine à 10% de classe exceptionnelle alors que le quota est de 20%. La révision des emplois pris en compte et une meilleure appréciation des parcours est indispensable rapidement. C'est comme cela que l'on traduira concrètement la "reconnaissance" qu'on nous promet.

Sur ce plan, le sujet de la "prime exceptionnelle dans le cadre de l'épidémie de Covid-19" (cf. notre newsletter de samedi dernier) a généré des échanges nourris. Mais ce n'est que jeudi soir que le ministère a soumis aux organisations syndicales un projet de décret pour la concertation, en version de travail incomplète. La rédaction du décret permettrait de rendre la prime exceptionnelle compatible avec la PFR des cadres de direction, comme avec la prime de service, de technicité, etc. Le projet soulève cependant de multiples interrogations quant aux possibilités de modulation entre les 2 taux de la prime (500 et 1500€) par les ARS ou les directions. Le CHFO a alerté le ministre sur le risque principal selon nous que constituerait le décalage entre le secteur sanitaire (le projet de décret ne concerne que les établissements publics de santé) et le secteur médicosocial. Ce serait un nouveau signal d'abandon. Nous avons insisté sur la nécessité de maintenir la cohésion alors que nous sommes loin d'être sortis de la crise.


L'évolution de l'épidémie COVID 19 du 18 au 24 avril :

Le nombre de malades en réanimation est passé de 6027 à 4870 (-1157) ; le maximum a eu lieu le 8 avril (7148)
Le nombre de malades hopistalisés est passé de 31190 à 28658 (-2532) ; le maximum a eu lieu le 14 avril (32292)
Le nombre de décès à l'hôpital a été de 2374 sur la semaine (2880 la semaine précédente)
Le nombre de décès en EHPAD et EMS a été de 1190 (2604 la semaine précédente)

Notre perception générale d'un repli de l'épidémie est convergente avec ces chiffres, même si des établissements sont encore touchés tardivement par des cas de COVID. Surtout, s'il y a une certaine "habitude" de la gestion de crise qui s'installe, il n'y a pas de répit pour les équipes puisqu'il faut engager la reprise des autres activités mises en suspens ; dans les régions fortement impactées, la cohabitation des circuits COVID+ / COVID- et incertains s'avère ardue. 

S'agissant de la préparation de l'après, vous avez été plusieurs à nous signaler votre irritation à la lecture d'une Tribune de Guy Collet et Gérard Vincent publié dans Le Monde daté du 24 avril.  Ces "apôtres" de l'Hôpital entreprise donnent bien le signal de la contre-offensive.

Sans vergogne ils prônent la privatisation du statut de l'Hôpital et des hospitaliers, dénonçant les "statuts qui ne confortent que les médiocres" et les "revendications idéologiques de toutes sortes", car bien sûr, eux ne font pas de politique ! Comme si les rigidités étaient le problème majeur de nos établissements dans cette crise, mais surout pas le manque d'effectifs et d'équipements. Bien sûr ce n'est pas une surprise, cela fait longtemps que ces deux personnages ne parlent plus au nom des cadres hospitaliers, ni même pour eux, mais dans Le Monde ils sont présentés comme directeurs d'hôpital. Alors nous disons, vraiment il faut prolonger leur confinement, Guy et Gérard, restez chez vous !

Notre agenda pour les jours à venir :

Une réunion est programmée la semaine prochaine avec le CNG pour faire le point sur toutes les questions de calendriers (publications de postes, mutations, affectation des élèves, tour extérieur, etc.)

Le Bureau National se réunit en visioconférence le 6 mai.

A noter pour les élus nationaux et les secrétaires régionaux membres du Conseil National : nous prévoyons de réunir le Conseil national le 24 juin prochain, essayez de préserver cette date. Nous préciserons les modalités et l'horaire en fonction des possibilités de déplacement.

Surtout, continuez à nous faire remonter toutes les questions et constats utiles dans le cadre de la gestion de cette crise ! On relève une belle mobilisation des collègues des EHPAD dans le Puy-de- Dôme, qui pétitionnent contre le CD, celui-ci continuant à maltraiter budgets et tarifs, comme si de rien n'était ! Nous contacter pour plus d'infos. 

Bon courage à tous et à chacun.

Rappel : nous tenons à jour sur le site un Fil d'actualité COVID avec les liens vers les principales recommandations et les textes parus.