CAPN D3S 9 septembre 2020

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Joindre les actes à la parole...

La Commission Administrative Paritaire  réunie ce jour a examiné 6 recours sur évaluation et/ou sur PFR ainsi que 2 placements en recherche d'affectation et un renouvellement.

Mais elle a également prononcé les titularisations en Classe Normale et en Hors Classe des colègues issus du tour extérieur, dont vous trouverez le détail en cliquant sur ce lien

Au préalable, le CHFO a enfin prononcé la déclaration suivante :

Madame la Directrice générale, chers collègues,

 

Il faut joindre les actes à la parole…

Ce dicton, emprunté à la sagesse populaire n’a jamais été aussi impérieux qu’en cette période.

Qu’on en juge :

Ainsi que le rappelle très souvent M. le ministre de la santé, la crise sanitaire sans précédent à laquelle nous avons été - et sommes encore - exposés a bénéficié d’une mobilisation exceptionnelle des professionnels de santé qui a permis de faire face.

Certes.

La concertation de mai et juin connue sous la dénomination « Ségur de la santé » a eu pour ambition de non seulement tirer les enseignements de cette épreuve pour refonder un service public hospitalier plus souple, innovant et plus efficace mais aussi transformer et revaloriser les métiers de ceux qui ont soigné et pris en charge.

C’est pourquoi, et en toute justice, ces hommages sont également à adresser aux personnels des secteurs médico sociaux qui, eux non plus, sont loin d’avoir démérité en la circonstance.

Un effort de communication des pouvoirs publics en ce sens serait bienvenu.

Et il serait d’autant mieux venu que les attentes du ministère en matière d’une meilleure organisation et d’une meilleure coopération des acteurs sont régulièrement rappelées : implication plus forte de la médecine de ville dans les prises en charge et accompagnement à domicile et en établissement, plus grand recours à la télésanté et télémédecine, notamment.

Des mots forts et des gestes significatifs…

Mais la reconnaissance par les mots si elle est nécessaire ne sera toutefois pas suffisante : les personnels et collègues des secteurs non inclus dans le « protocole Ségur » comprennent mal cette différence de traitement et s’inquiètent à juste titre de la rupture d’unicité statutaire que cela introduit.

Au surplus, cette différence amène tension et rancœur dans les équipes, ce dont les directeurs de ces établissements, des secteurs du handicap ou de l’enfance par exemple, n’ont évidemment pas besoin en cette période !

En effet, c’est à l’ensemble des acteurs de la fonction publique hospitalière que cet objectif d’amélioration de l’attractivité des métiers doit s’adresser en sachant reconnaître et valoriser les caractéristiques, particularités et sujétions spécifiques.

C’est aussi le cas pour les trois corps de directeurs. Lors de la négociation du protocole du Pilier 1 du SEGUR, nous avons obtenu que la revalorisation et réingénierie des corps d’infirmiers et de cadres soignants soit immédiatement déclinée pour nos collègues DS.

La question reste posée pour les DH et D3S. Plusieurs signaux actuels sur les postes vacants et les candidatures montrent l’acuité du problème d’attractivité.

Voilà donc – enfin– le vecteur et le moment où doit se relancer la renégociation de notre statut, lequel accuse désormais un retard considérable sur ses « corps comparables » !

Le CHFO demande donc instamment l’ouverture immédiate de ce chantier.

Cela est d’autant plus crucial que s’ouvre en parallèle une autre construction d’importance : celle de la création de la « cinquième branche » autonomie handicap.

Il ne fait de doute pour personne que les réformes qui seront amenées par la loi qui sera discutée sur la base du rapport de la mission Vachey devront être mises en œuvre par les personnels de direction des établissements concernés, c'est-à-dire au premier chef, les D3S de la FPH.

Mais encore faut-il qu’ils en aient les moyens, matériels notamment, et surtout encore faut-il qu’il y en ait tout court, tant la désaffection qui frappe notre corps est importante, tant elle se constate sans discontinuer depuis des années au fil des affectations examinées lors des CAPN.

Cette conjonction de réformes accentue donc l’urgence de ce chantier ; l’engager permettrait ainsi de joindre l’action aux intentions.

… qui doivent s’accompagner des nécessaires garanties d’expression des représentants élus de la profession …

Sur un autre plan, nous aurons bientôt à donner notre position quant aux lignes de gestion du CNG.

Très clairement, mais sans toutefois vouloir entamer un débat ici et maintenant, le CHFO redira ce qu’il a toujours pensé et ce qu’il a toujours promu : l’intérêt bien compris tant des pouvoirs publics que celui des représentants du personnel est que le dialogue social puisse s’exprimer dans un cadre facilitant les prises de position mais aussi garantissant le respect du rôle, responsabilités et prérogatives de chacun.

Il s’agit là, somme toute, de l’application du principe du paritarisme auquel nous sommes viscéralement attachés et qui est de nature à consolider le dialogue social auquel M. Veran s’est dit si attaché.

… mais aussi des indispensables garanties d’un exercice non faussé des responsabilités de direction :

Quelques mots enfin sur les difficultés pratiques auxquelles les établissements, et donc au premier chef les cadres de direction, quant aux mesures catégorielles, primes et indemnités décidées dernièrement : si les primes COVID ont bien été financées, ce n’est pas le cas pour le financement des majorations des heures supplémentaires effectuées et ce n’est pas toujours vrai pour les « primes grand âge ».

Nos collègues, tant dans un souci de paix sociale que de respect de la parole donnée, appliquent ces textes et versent ces compléments de rémunération.

Mais il ne faudrait tout de même pas qu’ils se retrouvent en difficulté pour cela au moment de la production et la validation des comptes ! Il importe que les autorités de tarification assument leurs responsabilités et ne se défaussent pas opportunément sur les directeurs d’établissement.