REFORME DES RETRAITES : LE CHFO FAIT LES COMPTES

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Afin d’éclairer la réflexion des collègues sur l’impact du futur système de retraite annoncé par le rapport DELEVOYE, le CHFO a procédé à des simulations qu’il a voulues les plus transparentes possible . L’attente est forte, eu égard au mauvais taux de remplacement de nos pensions actuelles, du fait du non-assujettissement des primes. Le résultat laisse plus que perplexe…

Après les 18 mois de concertation qui ont abouti au rapport « Pour un système universel », le gouvernement intègre le Haut-commissaire à la réforme des retraites et promet une nouvelle concertation ouverte.

Pourtant, le périmètre d’évolution possible annoncé par M DELEVOYE semble bien restreint : le paramètre durée ou âge de taux plein ? Quelle durée de convergence vers le système universel ? Il faut donc surtout s’attendre à un grand exercice de pédagogie, pour convaincre des bienfaits de la réforme. On peut craindre le pire de ce point de vue, tant la communication sur le rapport initial s’est apparentée à de la propagande. Nombre d’experts ont signalé les biais dans les simulations présentées, et c’est bien le scepticisme qui l’emporte chez nos concitoyens.

Un paradoxe quand le motif annoncé de la réforme était de restaurer la confiance dans notre système de retraite !

Des simulations simples et transparentes.

Dans nos simulations effectuées pour des situations courantes de cadres de direction, nous nous sommes astreints à la plus grande neutralité :

Nous comparons la constitution d’une retraite complète dans le système tel qu’il est aujourd’hui (sans le détériorer comme l’a fait le rapport Delevoye), avec la constitution d’une retraite dans le système futur avec la même carrière (et sans l’allonger comme l’a fait le même rapport !).

Ainsi,  un cadre de direction commençant entre 22 et 25 ans et effectuant une carrière de 43 ans, remplit tout à la fois la condition de durée de taux plein prévue pour les natifs de 1973, que la condition d’âge de taux plein du rapport Delevoye (64 ans).

Pour les DS, la simulation est encore en cours, car nous devons reconstituer une triple carrière type d’infirmier, cadre puis DS, avec l’ensemble des primes et indemnités.

Nous cherchions à voir si l’intégration des primes dans l’assiette compensait ou non le passage à une retraite individualisée en points acquis tout au long de la carrière.

Des résultats qui montrent que les cadres paieront chèrement l'intégration des primes pour un gain précaire.

Dans le cas a priori le plus favorable, on obtient cette compensation, mais tout juste : alors que les primes représentent 39% du revenu dans une carrière classique de DH, la pension mensuelle augmenterait de 8% par rapport à aujourd’hui, et au prix d’une hausse de 60% des cotisations versées par le cadre pendant 43 ans.

Paradoxalement pour un D3S, c’est un peu plus favorable alors que la part globale des primes est moindre. En fait, l’indice de fin de carrière des D3S est moins élevé par rapport à l’indice moyen au long de la carrière que chez les DH ; pour ceux-ci l'abandon de la référence au dernier traitement a donc un impact plus négatif dans le nouveau système.

Mais pour les D3S, on retrouve la même logique globale : la part des primes représente 33% dans une carrière, la pension augmente de 13%, et au prix d’une hausse de 62% des cotisations versées par le cadre pendant 43 ans.

Pour la grande majorité des fonctionnaires, chez qui les ratios de prime sont plus faibles, c’est l’alarme car l’effet de la référence à l’ensemble de la carrière est majeur.

Mais avant tout, le jeu du « qui perd qui gagne » n’est pas le vrai fond de la question. En voulant instaurer la retraite par points, la réforme veut nous faire entrer dans une règle d’individualisation complète et surtout casser la référence aux salaires antérieurs.  Or cette référence est bien celle qui, à la fois, symbolise le pacte entre les générations et garantit une confiance dans le système. Les salariés peuvent ainsi raisonner en taux de remplacement et en niveau de vie après la retraite. A l’inverse, faire tout reposer sur une valeur du point révisable par les lois de financement et soumise à l’objectif de ne pas augmenter la part des retraites dans le PIB : qui cela peut-il rassurer ?

C’est pourquoi le CHFO rejette le passage à un système par points et demande que la règle d’or soit la référence au revenu d’activité.

Le samedi 21 septembre, nous avons manifesté avec Force Ouvrière pour la défense d’une retraite solidaire, et la bataille ne fait que commencer !

Consultez notre simulation pour un DH

Consultez notre simulation pour un D3S

Consultez notre simulation pour un DS (à venir)

Consultez le dossier du CHFO sur la réforme des retraites