Le 19 mars, les directeurs et cadres hospitaliers concernés et solidaires

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Ce mardi 19 mars, la Confédération Force Ouvrière appelle à la grève, à manifestations et à toutes actions en faveur du pouvoir d’achat des salaires et des retraites, du service public accessible pour tous et du respect du dialogue social. Les directeurs et cadres hospitaliers sont concernés et solidaires des agents des établissements qui se mobilisent.

Pour les fonctionnaires et en particulier pour nous, fonctionnaires hospitaliers, cet appel s’inscrit dans un contexte grave avec l’annonce du projet de loi dit de « transformation de la fonction publique ».

Une communication en trompe l'oeil

Le gouvernement se prévaut d’une large concertation préalable pour annoncer ce projet. Après 18 mois de réunions sur les quatre chantiers de la fonction publique initiés par le gouvernement, rien n’a été modifié ni amendé des orientations initiales proposées. Cette méthode de dialogue social se résume à un « tout communication » s’appuyant sur un nombre de réunions pour faire croire à un dialogue constructif.

Les instances consultatives sont réunies au pas cadencé pour la forme. Et cela alors que le grand débat national que le Président de la République a été contraint d’initier a censément ouvert la question de la réforme de l’État et des services publics.

Un contenu doctrinaire qui organise le recul du service public

Dans sa version rendue publique le 13 février, le projet de loi décline dans la fonction publique de nombreuses dispositions de la loi Travail et de ses ordonnances. Par ailleurs 11 thèmes de ce projet de Loi renvoient à des décisions qui seront prises par ordonnances, nouvel exemple de confiance dans le Parlement, après celui du projet de loi santé.

A l’inverse du discours officiel, le contenu du projet traduit une défiance profonde à l’égard de la fonction publique hospitalière. L’idée générale est de banaliser et d’étendre le recours au contrat, au nom de la diversification et de la qualité, sans doute une forme de compliment à notre égard.

Alors que les corps de direction subissent une cure d’amaigrissement depuis plusieurs années, ils sont à nouveau ciblés avec l’extension du recours au contrat pour tous les « emplois supérieurs » hospitaliers. A contrario de la reconnaissance de parcours diversifiés qui peuvent intégrer et se déployer dans la carrière, on voit poindre le risque de distorsions croissantes, en termes de salaires, d’expériences et compétences attendues, et donc de sécurité, également attendue, de la réponse du service public (hospitalier) aux besoins et attentes des usagers.

Les cadres de direction ne seront pas moins visés avec la réduction du rôle des commissions paritaires, évincées des décisions en matière de mobilité et promotion. Ainsi les derniers garde-fous contre l’arbitraire et la précarisation seront abattus, alors que nous les voyons régulièrement pointer dans le parcours des cadres. Tout cela n’a rien de moderne et va à l’encontre des aspirations des jeunes collègues qui attendent de la lisibilité sur les nouvelles perspectives de la carrière.

De plus le projet prévoit des dispositifs permettant d’organiser le recul du service public : détachement d’office quand une mission est privatisée, « accompagnement » des suppressions d’emplois, rupture conventionnelle, contrats de mission jusqu’à 6 ans même quand on ne sait pas définir la durée du projet… Quel décalage avec le discours sur l’aménagement du territoire et l’accès aux soins !

 

Pour toutes ses raisons, nous invitons les directeurs et cadres hospitaliers à se joindre aux initiatives prises dans les départements ce 19 mars pour de véritables négociations, pour la défense d’un service public accessible pour tous et une fonction publique de carrière, et pour ceux qui ne pourront participer à exprimer par tous moyens leur solidarité.