Gouvernance des hôpitaux et des GHT : nous disons halte au feu !

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Dans un courrier commun des organisations syndicales de directeurs, nous demandons à la ministre de la santé un entretien pour expliciter nos craintes d'une dégradation encore plus forte de nos conditions de travail, face à la dérive des polémiques sur la gouvernance des établissements de santé.

Le courrier commun à la ministre de la santé

Le déclencheur de ce courrier réside dans le déroulement du dernier comité de suivi de la réforme des GHT, le 12 décembre 2019, symptomatique d'un débat qui a dégénéré au fil des mois.

Dans le volet hôpital, le plan "ma santé 2022" puis la loi du 24 juillet 2019 ont surtout mis l'accent sur le renforcement des GHT et l'accélération des recompositions d'activités.

Outre la systématisation des CMG, la dimension gouvernance était cependant présente, avec des annonces sur la restauration de la notion de service, sur l'élargissement des compétences des CME et sur le rôle du président de CME.

Des échanges en ont découlé au sein du comité de suivi des GHT et de plusieurs sous-groupes. Avec l'amplification de la crise sociale à l'hôpital et le débat sur le PLFSS 2020, a surgi la petite musique de la faute au management des établissements. Ce mode de diversion n'est pas nouveau, le jeu de pouce-pouce sur la gouvernance est devenu un sport national, moins coûteux à traiter que la contrainte budgétaire ou la crise d'attractivité des métiers. Nous avons vu surgir au fil des réunions, et relayer par l'administration, les propositions les plus démagogiques, pour faire présider le comité stratégique du GHT par le PCMG, puis pour donner une majorité médicale à ce comité. Pendant ce temps, rien n'est encore discuté sur l'articulation des compétences entre établissement support et établissement partie pour la GRH médicale, sujet qui pourra bien vider de son sens tout débat sur les compétences des CME. 

Pour le CHFO, il ne s'agit pas d'évacuer la question car dans le malaise de l'hôpital, il y a effectivement cette perception d'un éloignement permanent des lieux de décision, à travers l'organisation des ARS ou des GHT. Jamais on n'a autant parlé de proximité, jamais on n'a autant centralisé. Mais c'est le fond de la politique menée qui y conduit et en particulier des injonctions de restructurations et des plans d'économie non assumés par les pouvoirs publics.

Le CHFO se refuse à créer des dissensions entre médecins et directeurs, la co-construction des décisions est dans la nature même de l'Hôpital, elle repose sur l'association de l'ensemble des métiers et non sur l'affrontement de deux seules légitimités.

Le courrier commun à la ministre de la santé