Effectifs, Investissements : pour les EHPAD publics il y a urgence

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Cela fait maintenant 5 mois que Dominique LIBAULT a remis son rapport sur la Concertation Grand Age et Autonomie. Le 28 mars, Madame Agnès BUZYN, ministre des solidarités déclarait : "je ressens personnellement l’urgence qu’il y a à répondre à la détresse de ceux qui perdent leur autonomie et aux inquiétudes de leurs proches".

A ce jour la seule réponse a été de confier une mission à Mme EL KHOMRI sur l’attractivité des métiers du Grand Age pour un rapport mi-octobre.

Force Ouvrière a rencontré Myriam EL KHOMRY et il n’est pas question de négliger les questions de formation, d’aide au recrutement, de qualité de vie au travail.

Mais l’attractivité ne peut pas contourner la question des effectifs et des conditions de rémunération

Le Président de la République a confirmé qu’une « grande loi » serait proposée en 2019 ; mais l’urgence doit se traduire dès le PLFSS 2020 pour enclencher enfin le renforcement de la prise en charge des personnes. Si l’objectif est bien de renforcer la présence par 13 ETP pour 100 résidents d’ici 2024, il ne faut pas attendre.

C’est pour rappeler cette revendication que la Fédération santé et services publics Force Ouvrière réunit le 5 septembre une nouvelle Conférence des EHPAD. C’est aussi en ce sens qu’elle agit au sein de l’intersyndicale du secteur personnes âgées (EHPAD et domicile).

Le constat est unanime depuis les premières actions du mouvement national de 2018 (grève des 30 janvier et 15 mars notamment) : la situation est en grande tension. Les EHPAD publics ont besoin de mesures d’urgence pour répondre à la « détresse de ceux qui perdent leur autonomie et les inquiétudes de leurs proches », comme celles des professionnels engagés au quotidien pour assurer accueil, soins et hébergement  avec dignité. 

L’attractivité ne peut pas contourner non plus la question de l’investissement.

Il y va de la qualité du cadre de vie des résidents et du cadre de travail des professionnels.

Les Etablissements de santé gestionnaires comme les EHPAD autonomes sont confrontés à la difficulté à financer leurs investissements, et singulièrement pour le secteur médico-social du fait de l’impact sur les tarifs journaliers.

Or les besoins ont considérablement évolué et leur acuité s’est aggravée en raison du report des prises de décision ou des engagements de travaux, pourtant indispensables pour répondre au vieillissement accru de la population accueillie et au niveau actuel d’exigence de qualité.

Situations financières dégradées, procédures alourdies, part des subventions réduites ont creusé l’écart avec le besoin de réhabilitations et de reconstructions, au point de parfois décourager les directeurs. Cela conduit à des fermetures ou à des transferts au secteur privé, au détriment de l’accessibilité sociale. Ici aussi, la réaction des autorités est attendue !

Pourtant, dans plusieurs territoires, des acteurs ont élaboré des solutions de partenariat public/public, en créant un GCS regroupant EHPAD publics, Centres hospitaliers et/ou CHU, en coopérant avec les collectivités et en mobilisant leurs instruments juridiques tels que des SEM pour débloquer les projets et leur financement.  C’est par exemple le sens de l’initiative prise actuellement en Auvergne Rhône Alpes. Le CHFO soutient ces initiatives et demande qu’elles soient appuyées et diffusées.

Le Rapport LIBAULT propose un plan d’aide de 3Mds€ sur 10 ans pour les EHPAD publics ; il faut l’engager sans tarder comme levier à ces projets.

Force Ouvrière sait revendiquer et Force Ouvrière sait proposer des solutions innovantes, fidèle à ses principes et ses engagements : c’est par des partenariats pensés et mis en œuvre par les acteurs eux-mêmes plus que par la contrainte technocratique que des solutions se révèleront pertinentes - et accessoirement motivantes pour toute la communauté des cadres de direction de la FPH !

Le CH-FO poursuit son action et est force de proposition pour améliorer le sort des EHPAD publics, les conditions de travail des personnels et les conditions d‘exercices des Directeurs d’établissement.