CAP des D3S du 14 octobre 2015 : 20 fois sur le métier remettez votre ouvrage…

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C’est à cela que Boileau nous incitait, et le CHFO ne se dérobera pas à l’exhortation. C’est pourquoi, encore une fois, nous appelons l’attention des pouvoirs publics sur les mêmes sujets qui, depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, reviennent inexorablement.

* La non application du protocole de juillet 2011 ; outre le fait qu’il est toujours curieux de constater que l’Etat ne respecte pas sa parole, le quasi silence auquel nous sommes confrontés  laisse un goût particulièrement amer et n’incite certes pas à  la confiance.

 

* Le différentiel de rémunération entre corps de direction s’accroît, le CHFO continue de réclamer, peut être encore avec plus de vigueur tant le temps nous tarde, tant il y a urgence à en traiter, à ce que la comparabilité entre DH et D3S soit établie/rétablie.

(sans parler du différentiel avec la fonction publique d’état :  à ce rythme-là, la lisibilité entre les différents corps souhaitée par la Cour des Comptes ne va pas être des plus simples)

 

* La réflexion sur la démographie est en panne, la dernière séance ayant été annulée au dernier moment au motif de l’examen de la Loi Santé. Or le déficit chez les D3S est d’une nature urgente et très préoccupante : un des effets induits de  la fuite des collègues vers le corps des DH (ce dont on ne saurait les blâmer)  rend l’exercice de ceux qui restent D3S encore plus difficile, encore plus désespérant.

 

* Sur un autre registre, cette année encore, les mêmes travers, les mêmes errements se retrouvent lors des évaluations : ici c’est une ARS qui, pour ne pas froisser quelques médecins de ville intermittents dans un établissement, pousse son directeur à partir et envisage même de faire assurer son intérim sans autre forme de procès ; là c’en est une autre qui fait du chantage à la mutation afin que le directeur « oblige » le président du conseil d’administration à ne pas résilier une convention de direction…

Conférer aux directeurs le caractère de fusible à faible voltage ne saurait être de la part des ARS  un calcul efficace et sécure du fonctionnement des établissements.

Encore moins une attitude respectueuse envers des agents appartenant au corps de direction de la fonction publique hospitalière : il est trop facile de rendre coupables de tous les maux les responsables que sont les directeurs.

Certains, très peu nombreux, peuvent avoir des torts, mais l’immense majorité d’entre eux est enserrée dans des injonctions paradoxales, est soumise à des objectifs inatteignables ; doivent endosser des décisions qui ne sont pas les leurs.

Qu’on ne s’étonne pas dès lors de la montée du découragement, de la réticence à prendre des directions d’établissements isolés et sans moyens, de la désaffection dont souffre le corps.

 

*Enfin, sur le PLFSS, le CHFO a relevé que désormais tous les  ESMS vont être sous la coupe des ARS (ESAT, etc.)  Cela est très vraisemblablement dicté par le souci de décloisonner le médico social du sanitaire mais a aussi pour effet de l’exposer au risque de  noyade ou « d’hospitalo-centrisme » et surtout d’éloigner davantage les opérateurs et usagers du centre de décisions.

 

Pour le CHFO le secteur médico social ne peut être attractif pour les agents et pertinent dans ses réponses aux usagers que s’il répond aux attentes des publics concernés, que si ceux-ci sont entendus et sont partie prenante des prises en charge et accompagnements, que si l’organisation de la réponse est pilotée localement,  en cohérence avec les « bassins de vie » que si l’avis et l’envie des acteurs locaux est véritablement pris en compte.

Et non pas, comme trop souvent, téléguidée de trop loin par des responsables qui méconnaissent les réalités et spécificité locales.

C’est notamment en prenant en compte cet aspect essentiel que des solutions solides pourront être trouvées, y compris en termes d'attractivité du corps de D3S.

 

Le CHFO relève enfin que si le nombre de recours sur évaluation est faible (puisque au moment où ces lignes sont rédigées, aucune ne nous est parvenue) cela ne constitue pas pour autant un signe de satisfaction. Bien au contraire : il faut y voir la manifestation du  découragement et  une perte de crédibilité dans ce dispositif de recours tant les effets réels de celui-ci sont faibles auprès des évaluateurs.